‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 407 sur 440 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Étrange parti que prend le pape dominé absolument par sa famille. Harangue de M. le nonce de Madrid au roi d'Espagne, pour l'exhorter à former une ligue contre la France *.

L'embarras où la cour de Rome se trouvait dans cette fâcheuse conjoncture lui inspira le mouvement de tâcher de s'en retirer par un remède si violent qu'il paraîtrait incroyable, siles particularités n'en étaient que trop connues par les choses que l'on va rapporter. Il fallait que le pape fût extraordinairement dominé par sa famille pour avoir pu se résoudre à allumer tout de nouveau le feu de la guerre par toute l'Europe, sous prétexte de priver le roi de France de la juste satisfaction qu'il demandait pour réparer l'outrage qu'il avait souffert dans l'assassinat de son ambassadeur et de l'ambassadrice sa femme. C'était oublier volontairement la gloire qu'il s'était acquise dans sa nonciature de Munster, et quoique la paix se fût faite sans sa participation, néanmoins sa qualité de Père commun lui était une nécessité indispensable d'arroser plutôt celte jeune plante et de l'affermir par ses soins, que de l'arracher pour des intérêts particuliers avant que l'on en pût recueillir le fruit. Cependant les conseillers qui avaient un pouvoir entier sur son esprit en disposèrent si absolument qu'il n'eut pas de peine à faire exhorter le roi d'Espagne à former une ligue avec quelques autres princes chrétiens contre le (ils aîné de l'Église, dont l'injure retombait sur

i. Ce mot est illisible au ms., on croit deviner source ou réserve. 2. 11 n'y a pas de titre au ms., celui qu'où lit ici se trouve seulement à la copie.

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