‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 78 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

▼ie* s'il veut lui faire miséricorde. Je ne puis pas vous en écrire davantage; mais s'il est capable, avec les lumières qu'il a, de se faire à lui-même de si profondes plaies, quelles assurances peut-on prendre et quel fondement peut-on faire sur ses paroles? Pour moi, que plusieurs personnes flattaient déjà d'une protection particulière dans nos affaires, je m'estimerai désormais moins en sûreté que dans le diocèse de France le plus déclaré; et je vous avoue que mon imagination est tellement frappée des choses que j'ai entendues, que le grand feu de Bordeaux, que j'avais tant appréhendé jusqu'ici avec tous les dangers qui l'accompagnent de la part des parents, des ennemis, etc., me fait presque moins de peur que de me voir poussé et introduit dans quelque emploi ecclésiastique par la main d'un homme qui l'est si peu lui-même, quoiqu'il affecte en quelque chose de le paraître. Je n'entreprends pas de vous consoler sur la déplorable nouvelle de M. Duhamel dont vous me parlez; mais j'aurais grand besoin que vous me conseillassiez sur ce que je vous mande, car je vois jour de me retirer avant de m'engager plus avant avec ces sortes de personnes. J'attends votre réponse au plus tôt. »

On n'a point su le détail du sujet de la douleur de ce vertueux ecclésiastique. Mais les sentiments qu'avait alors M. de Sens et la disposition de son cœur se font un peu entrevoir par cette lettre qu'il écrivit à M^'" de Vertus' le 15 de juillet :

'< Après beaucoup de voyages, je suis enfin à Melun pour quelque temps, oîi j'ai reçu ce matin votre lettre du 10 du courant. Tout ce qu'elle m'apprend me donne une extrême joie et beaucoup d'espérance de voir cesser cette injuste persécution qu'on fait aux gens de bien, pourvu qu'on n'envoie point à Rome pour le mandement des grands-vicaires. Car M. le nonce, avec qui je dînai dimanche, me dit que le pape ne serait pas content de ce mandement, et qu'ils avaient tort de dire qu'il ne s'agissait, du temps d'Innocent X, que de savoir si les propositions étaient hérétiques; qu'on

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