CHAPITRE XVII
M. l'archevêque de Sens se réconcilie secrètement avec M. le nonce et avec la cour.
Les démarches que M. Tarchevéque de Sens avait faites pour se couvrir de l'indignation de Rome le firent avancer si loin qu'elles furent suivies d'un accommodement avec le nonce du pape et avec la cour, quoique cette réconciliation ne fut pas de longue durée. Il fit pour cela un voyage secret à Paris, comme on l'apprit en ce temps-là par M. du Verdier, docteur en théologie, fils d'un conseiller du Parlement de Bordeaux, qui en écrivit ainsi à un de ses amis, le 4 de juillet :
« Le prélat est parti, et n'a pourtant si bien su ou voulu se cacher qu'on ne vienne de dire dans une maison considérable qu'il avait été à Paris, et moi qui y étais venu avec lui. Ma grande douleur est que ces gens-là ne font pas de ces voyages pour servir, mais pour trahir la vérité, et que les démonstrations de bonne volonté qu'ils nous donnent ne sont que des couvertures honnêtes de leurs desseins misérables, et ainsi : Fugiunt lucem quia sitnt eorum mata opéra, et non pour aucun désir charitable de consoler leurs amis et de s'instruire eux-mêmes. Vous voyez que je vous parle avec un sentiment vif des nouvelles que j'ai apprises de celui dont les mœurs toutes humaines m'avaient donné du soupçon au bout de deux ou trois jours que je l'avais observé; mais que je n'eusse pas cru engagé si avant dans des desseins que Dieu confondra quelque jour dans cette