‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 93 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

à Sa Majesté le peu de foi qu'elle doit ajouter aux artifices de nos ennemis! »

Extrait du procès-verbal du 25 juillet 1661 : Lequel sieur d'Andilly a dit qu'il nous pouvait jurer sur son honneur que non seulement il ne s'était fait ni ne se faisait aucune assemblée en cette maison, mais que depuis fort longtemps il n'y a même presque reçu aucune visite, et qu'il yavait seulement à présent un gentilhomme nommé M. de Pontis*, son intime ami, âgé de 84 ou 85 ans, cidevant premier capitaine et major du régiment de la reine mère du roi, connu par ses longs services de toute la cour, lequel l'était yenu voir depuis peu de jours pour se consoler avec lui. Et qu'il avoue être extrêmement surpris de ce que chacun sachant quel est son profond respect pour tous les ordres de Sa Majesté, les ennemis de cette maison ont voulu lui persuader que l'on a eu la hardiesse d'y contrevenir dans un lieu où il fait son continuel séjour, et qu'il abandonnerait plutôt que de souffrir qu'on pût lui reprocher d'avoir consenti à une chose si contraire à l'obéissance que l'on doit aux commandements de Sa Majesté. Mais qu'il espérait que Dieu aura permis que l'on n'ait rendu tant de mauvais offices à cette maison auprès de Sa Majesté qu'afin qu'étant pleinement informée de la vérité par des voies aussi irréprochables que sont celles d'une procédure juridique, elle connaisse l'innocence de cette maison, que l'on s'est efforcé depuis tant de temps de lui rendre suspecte. Que quant à l'état où elle est maintenant depuis que les deux confesseurs des religieuses avaient été éloignés ensuite des ordres du roi, il n'y est resté et n'y reste présentement qu'un prêtre qui sert de chapelain pour célébrer la messe et confesser les serviteurs de la dite maison, et un sacristain qui a soin généralement de tout ce qui regarde l'Eglise; que quant aux serviteurs domestiques, il n'y a point de monastère en France aussi grand que celui-ci où il y en ait uu plus petit nombre, et que pour ce qui est des personnes qui pourraient s'y être reti-

1. Louis de Pontis, seigneur d'Ubaye (1583-16T0), après avoir vécu ciriquaute ans dans le métier des armes, se retira à P. R. des Champs d'oîi la persécution le chassa en 1660, mais où il revint mourir après la paix de l'Église.

rées, il y en a une seule, excepté lui et un de ses fils qui y était auparavant lui.

Le dit sieur d'Andilly, après tout ce que dessus, a fait apporter toutes les clefs, et dit aux serviteurs de faire tout ce que nous ordonnerions et serait requis par le substitut de M. le procureur du roi. Aurions sommé et interpellé le dit sieur d'Andilly de signer ce qu'il a dit ci-dessus, ce qu'il a répondu qu'il ferait de tout son cœur, et a signé en cet endroit notre procès-verbal.

M. de Pontis, dont il est ici parlé, est celui dont les Mémoires furent imprimés après sa mort en l'an 1675, et qui ayant vieilli dans la guerre et dans une inviolable fidélité au service du feu roi de glorieuse mémoire, fut assez heureux pour passer avec beaucoup de piété les dernières années d'un âge déjà décrépit, mais vigoureux, dans une retraite chrétienne à Port-Royal, et aux environs quand la persécution l'en eut fait sortir.

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