‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 110 sur 522 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

couché, et non par le temps seulement de trois ou quatre heures du soir; il lui dit ensuite qu'on parle des vérités de Dieu comme des pays, ou pour les avoir vus, ou par ouï dire. Qu'ayant lu tous les principaux auteurs depuis J.-C, il y avait trouvé l'opinion qu'il tenait, que J.-C. s'était réservé à lui seul la première résurrection des âmes, après la prédication de sa parole, ainsi que celle des corps après la trompette des anges. Qu'en celle-ci les anges mènent les corps au milieu de l'air à J.-C. après qu'ils sont ressuscites, et en l'autre, les prêtres lui mènent les âmes dans l'Église après qu'elles sont ressuscitées. Que saint Paul étant converti, il fut envoyé aux prêtres et y alla; que J.-C. qui n'avait mis dans le Nouveau-Testament et dans son Évangile que les principaux articles de foi, y a voulu mettre celuici, qu'il faut que l'àme soit premièrement vivifiée par la foi * avant qu'elle aille au prêtre, et qu'il lui en ferait voir sept exemples, quand il serait libre, et lui montrerait cette vérité dans tous les livres des anciens. Qu'ayant été douée d'un bon sens, comme il le voyait par tous ses discours, il ne doutait point qu'elle ne le jugeât très bien, lorsqu'on lui aurait lu et cité les endroits où ces vérités sont contenues ; et comme elle lui disait qu'il n'y avait personne dans la Sorbonne ni parmi les autres docteurs qui tînt son opinion, il la pria de l'excuser, et qu'il y en avait plus de quinze.

Il lui dit aussi ce qu'il put, tant sur cela que sur les difficultés qu'elle forma pour en conclure l'invalidité de la puissance du prêtre, s'il était vrai que l'homme fût délivré de ses péchés avant d'aller à lui. Il lui dit qu'il pourrait lui faire voir un livre écrit à la main où on lui déciderait toutes ses difficultés touchant ce point et plusieurs autres qu'elle alléguait sur le sujet du délai de l'absolution. Elle insista pour le prier de le lui faire voir à l'instant même ; mais il lui déclara qu'il ne le pouvait. Elle eut aussi la curiosité de savoir si c'était M. de Barcos% neveu de M. de Saint-Cyran, qui en fût l'auteur ; et il lui dit que non ; il se dispensa aussi de lui coter ces sept passages du Nouveau-

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