‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 113 sur 522 · Ms. : ce n'était pas une juste cause · texte numérisé non relu

Ms. : ce n'était pas une juste cause

2. Ms. : II en avait daus l'esprit qu'on pouvait lui proposer...

remède, et prévoyant qu'ils n'eussent produit rien de décisif; de sorte qu'il se confirma dans la résolution qu'il avait prise de dire éternellement qu'il ne pourrait se rabaisser plus qu'il avait fait dans la lettre à M. de Ghavigny, J'ai même évité, dit-il à la fin de cette relation, de dire ce que j'avais dans le fond de l'âme, que pour m'être trop humilié dans mon interrogatoire on s'était imaginé que je pensais à une rétractation, ce qui a toujours été aussi éloigné de moi que le ciel l'est de la terre, et le moindre branlement que je ferais à présent ' me ferait tort, et à la vérité. Il faut mourir et vivre avec Dieu ; si nous mourons pour cela, il est vraisemblable que nous mourrons pour la foi.

C'en était assez pour rendre inutiles toutes les sollicitationsque l'on faisait pour sa liberté. Le cardinal de Richelieu, qui avait plus de jalousie pour son catéchisme de Luçon que de zèle pour la gloire de Dieu et d'amour pour son Église, était accoutumé à donner de la terreur à ceux qu'il ne pouvait ni gagner, ni corrompre par des bienfaits. Il avait pris l'habitude de recevoir de l'encens de la main d'une infinité d'idolâtres de sa fortune, ou de traiter avec des personnes qui mettaient leur félicité à se dire ses esclaves ; il lui en fallait dans les questions de théologie et dans l'Eglise aussi bien que dans les alTaires d'Etat. Il ne craignait rien tant que des hommes uniformes et intrépides. Être extraordinairement habile et nullement accommodant à ses souveraines volontés, était un crime irrémissible dans son esprit; et c'était l'unique hérésie de M. de Saint-Cyran, qui, tenant à la vérité pour elle-même, eût cru se perdre s'il n'eût sacrifié toutes choses pour la défendre par la perte de sa santé, de sa liberté et de sa vie même. Ainsi les négociations qui étaient la suite des sollicitations de ses amis ne produisaient plus qu'une plus grande aversion du premier ministre contre la fermeté de son cœur; et sa liberté ne devait être l'ouvrage que de Dieu seul, qui a son temps réglé, pour rompre les chaînes de ses serviteurs par la mort de ceux qui, après avoir voulu dominer sur la foi et sur l'esprit des plus savants et des plus vertueux ecclésiastiques, aussi bien que sur les biens et sur les corps de tous les sujets du roi, ne peuvent se dispenser à la fin

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