CHAPITRE II
Déclamations du P. Noûet, jésuite, contre le livre de la Fréquente Communion.
Le livre de la Fréquente communion ne fut pas plus tôt mis au jour que les jésuites firent une conspiration générale pour le ruiner, sans épargner ni la personne de l'auteur, qu'ils déchiraient par les plus sanglantes injures, ni celles des évêques et des docteurs qui lui avaient donné des approbations pleines d'éloges.
Ils commencèrent par faire monter en chaire dans la chapelle de leur maison professe de Saint-Louis le P. Nouet*, qui avait enseigné la rhétorique trois ou quatre ans auparavant, et qui ne pouvait se déclarer contre cet ouvrage que par une étrange prévarication. Car on a su que M. l'archevêque de Tours, le lui ayant donné à lire avant que de l'approuver, il en avait rendu un témoignage avantageux et n'y avait rien trouvé à redire, et on assurait même que c'était lui qui avait composé l'approbation latine de ce prélat.
Cependant, après avoir invité ses auditeurs dans un sermon précédent à venir l'entendre dans celui qu'il leur ferait dans la suite, leur promettant de traiter une matière nouvelle, curieuse et très importante au salut des âmes et à la gloire de Dieu, dès que le jour destiné k ses invectives fut arrivé, il prit pour sujet de son discours ces paroles de rÉvangile du jour : Curam illius habe, et commença de cette manière :
« Il n'y a peut-être pas un de vous, Messieurs, qui ne sache ce que j'ai aussi appris avec regret, qu'il y a certains esprits dans Paris, lesquels sous prétexte de piété et de réformation, se glissent dans le cabinet des grands et a la ruelle des dames, pour y débiter une des plus mauvaises doctrines qui aient été dans l'Église depuis un long temps. Ce sont ceux-là qui disent que la fréquente communion est un abus introduit dans l'Église depuis quelque temps. Et