CHAPITRE IX
Du livre inlititlé : Remarques judicieuses sur le livre de la Fréquente Communion. Apologie pour M. Araauld.
Il semblait en ce temps-là que tout jésuite et tous ceux qui étaient de leurs amis eussent droit de devenir auteurs contre le livre de la Fréquente Communion. Et ce fut ce qui fit paraître aa commencement de l'année 1644 un autre ouvrage d'un prêtre fort attaché à ces Pères, sous le titre de : Remarques judicieuses sur le livre de la Fréquente Communion.
Afin que l'on ne doutât pas que ce libelle n'eût été fait sur les mémoires des Jésuites, l'auteur y inséra dès la seconde remarque une ancienne calomnie qui avait déjà été ruinée plus d'une fois à leur confusion. La deuxième remarque, disait cet écrivain, est celle de plusieurs personnes qui disent : Que les ancêtres de l'auteur du livre de la Fréquente Communion étaient de la religion prétendue réformée,etqu'on nedevait passouffrir qu'un jeune docteur dont les ancêtres étaient de cette religion écrivît contre une opinion, une pratique et une doctrine catholique. Et ce sentiment est favorisé de l'Eglise, qui défend par les saints ca-
nons et ordonnances, que telles personnes soient admises aux saints ordres, les tenant pour irrégulières.
Tous ceux qui connaissaient le père de M. Arnauld, né et mort dans la communion de l'Église catholique, furent extraordinairement frappés d'indignation contre cette seconde remarque. On se souvenait de la sage prévoyance qu'il avait eue autrefois, en plaidant pour l'Université de Paris contre les Jésuites, dans une cause dont le succès fut leur bannissement hors du royaume, lorsqu'il avait dit dans cette célèbre [assemblée] : « Que s'il n'eût été connu depuis son enfance, instruit dans le collège royal de Navarre, et que sa réception aux charges publiques et honorables ne l'exemptassent trop manifestement des impostures des Jésuites, ils le feindraient envoyé de Genève et d'Angleterre pour plaider contre eux. »
Les hommes de lettres n'avaient pas oublié que le jésuite Scribanius' n'avait pas laissé de le traiter de calviniste dans l'horrible livre qu'il intitula : U Amphithéâtre d'honneur, et qu'il l'avait uni en cela à MM. du MesniP, Pasquier» et quelques autres, qui ayant vécu et étant morts dans la communion de l'Eglise, avaient mérité parleur opposition aux entreprises des Jésuites d'être traités par eux comme huguenots après leur mort.
Il y avait déjà quelques années que Dupleix*, que l'on sait avoir été dévoué toute sa vie aux intérêts de ces Pères, s'était rétracté publiquement dans son histoire de cette fausseté touchant la religion de M. Arnauld le père, n'étant vraisemblablement tombé dans cette faute scandaleuse que par les mémoires qu'ils lui en avaient fournis. Car cet auteur ayant dit dans la première édition de son histoire que l'on avait trouvé grandement scandaleux le choix que les agents de l'Université avaient fait de M. Arnauld pour plaider leur cause, parce qu'il faisait profession de calvinisme, ajoutant que les libertins et les huguenots lui four-