‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 193 sur 522 · Charles Scribaui, jésuite · texte numérisé non relu

Charles Scribaui, jésuite

2. Jean-Baptiste Du Mesnil (1517-1567), avocat puis magistrat, auteur d'un Plaidoyer en la cause de C Université de Paris et des Jésuites.

3. Éienae Pasquier (1529-1615), jurisconsulte, avocat puis magistrat, avait plaidé contre les Jésuites en faveur de l'Université.

4. Scipion Dupleix (15G0-1661), historiographe de France et conseiller d'État, auteur de nombreux ouvrages d'histoire.

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nissaient des mémoires, il avait réparé cette injure dans la seconde édition, disant qu'il avait cru par le passé, sur de mauvaises instructions, qu'il fut religionnaire ; mais que la vérité est qu'il ne le fut jamais, et qu'il a laissé des enfants très vertueux et très zélés à la religion catholique.

Il n'y avait donc rien de moins judicieux que cette remarque des Jésuites sur le livre de la Fréquente Communion, étant fondée sur une horrible fausseté et sur une imposture tant de fois détruite. Mais il fallait que le fils portât la peine qu'ils croyaient être due à la mémoire de son père, pour un aussi grand crime qu'était celui d'avoir défendu contre eux les droits de l'Université de Paris, et il était juste que le père devînt encore calviniste après sa mort, depuis que son fils avait fait un livre qui leur déplaisait, quoiqu'approuvé par tant de docteurs et tant d'évêques.

Et quand même ce reproche de calvinisme n'eût pas été une imposture, la conclusion qu'ils prétendaient tirer de ce fait était tout à fait injuste. Car tout le monde savait que M. Berger conseiller ecclésiastique du Parlement de Paris, prêtre et chanoine de Notre-Dame, avait fait imprimer des écrits de controverse après avoir abjuré le calvinisme de ses pères. Les livres du P. Morin', prêtre de l'Oratoire, dédiés au pape, étaient dans les mains de tout le monde, quoiqu'il n'eût pas été catholique dans ses premières années. L'Eglise comptait encore actuellement parmi ses prélats M. de La Pauze*, évêque de Lodève, et M. de Sponde', évêque de Pamiers, qui mettaient des livres en lumière, quoiqu'ils ne fussent pas nés dans là véritable religion. Mais ce scrupule des Jésuites ne leur dura pas longtemps. Car M. de Raconis, évêque de Lavaur, qui était né huguenot, ayant écrit cette année même contre le livre de la Fréquente Communion, ces Pères ne s'avisèrent point de dire que l'Église défend par les saints canons et ordonnances que telles personnes soient admises aux saints ordres, les tenant pour irrégulières.

1. Jean Morin (1691-1659), abjura le protestantisme, et entra dans l'Oratoire.

2. Jean de Plantavit de la Pauze (1576-1631), évêque de Lodève, arait abjuré le protestantisme eu 1604.

3. Henri de Sponde (156S-1643), évêque de Pamiers, filleul de Henri IV, avait abjuré le protestantisme en 1593.

Aussi l'indignation que l'on témoigna publiquement de la calomnie des Jésuites contre la foi et la religion de la famille de M. Arnauld les ayant couverts de confusion, ils supprimèrent promptement cette seconde remarque et changèrent cet endroit, qui n'avait servi qu'à faire voir à tout le monde leur peu de sincérité et la prodigieuse animosité de leur cœur. Les autres remarques n'étaient pas plus judicieuses, car après avoir reproché à M. Arnauld qu'il avait recherché un trop grand nombre d'approbateurs de son livre, ils tâchaient de le rendre suspect, en ce qu'il n'était pas approuvé par quelques docteurs et quelques évêques qu'ils marquaient, comme si la chose eut dû aller à l'infini. Mais il n'y avait point de prétexte qui ne leur parût favorable pour décharger contre lui l'excès de leur passion par les plus sanglantes injures, et pour joindre à cette diffamation M. l'abbé de Saint-Gyran, contre lequel ils s'emportaient aux derniers outrages, jusqu'à regretter dans cet écrit qu'il ne fût pas mort dans la prison.

Ce libelle si injurieux ne demeura pas longtemps sans réplique. On entreprit d'y répondre mot à mot, et sa réfutation parut après quelques mois par un livre intitulé : Apologie pour M. Arnauld^ docteur de Sorbonne.

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