‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 204 sur 522 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

des anciens pénilenls n'étaient que des choses de police.

Ayant marqué ce qu'il désirait précisément que l'on observât de l'ancienne pénitence, il montrait le fruit que l'on peut tirer des pratiques de l'Eglise qui ne sont plus en usage, comme était celle de l'unité de la pénitence publique, dans les premiers siècles, et de la coutume de ne permettre pas aux pénitents d'assister au sacrifice de la messe.

Enfin il concluait cette première partie en satisfaisant aux objections de ceux qui prétendaient que cette doctrine de la pénitence est contraire aux indulgences.

Dans la seconde partie, il traitait des dispositions que les saints Pères demandent pour communier dignement, et qui se doivent rencontrer dans tous les véritables chrétiens, n'étant pas seulement des idées imaginaires dont personne ne soit capable. Il satisfaisait sur ce point aux injures et aux mauvais raisonnements du P. Petau, qui n'ayant point assez distingué les contradictions apparentes qui se trouvent dans les justes, avait condamné dans le livre de la B'réquente Communion des propositions très innocentes.

Ce nouvel ouvrage de M. Arnauld eut un succès merveilleux quand il fut mis en lumière. L'aversion publique que l'on avait eue des violences que les Jésuites avaient excercées contre lui s'augmenta notablement quand on vit la faiblesse de leur compagnie par la réfutation publique de leurs erreurs. Ils alUrèrent sur eux l'indignation de tous les sages et le mépris de tous les savants. Leurs propres amis commencèrent à reconnaître que leur cause était, non seulement déplorée, mais absolument perdue au jugement des honnêtes gens. Il s'en trouva même quelques-uns * qui étant tout à fait désabusés de l'opinion qu'ils avaient conçue de la probité et de la suffisance de ces Pères, retirèrent leurs enfants de leur collège de Clermont^ les jugeant indignes de former dans la doctrine et dans les bonnes mœurs la jeunesse qui leur était confiée.

Les Jésuites firent ce qu'ils purent pour se garantir des mauvais effets de cette rencontre, qui était si honteuse à toute leur société ; mais leurs instances furent inutiles, et

1. En marge, de la main d'Hermant : « Mettre les noms. » On ne l'a pas fait.

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ils reconnurent par expérience qu'il y avait encore dans le monde des personnes assez équitables pour condamner la conduite des calomniateurs et des hommes violents.

Mais ils s'étaient encore attiré une autre confusion par leur mauvaise doctrine, et dans le temps même qu'ils voulaient accabler l'innocence d'un célèbre docteur, ils se virent dans l'impuissance de justifier leur pernicieuse morale devant le tribunal des magistrats.

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