LIVRE m
ait donné, il ne se trouve pas aujourd'hui dans la compilalion de la Bibliothèque antijansénienne. C'est dans cet ouvrage de ténèbres qu'il témoigne publiquement le regret de ce que M. l'abbé de Saint-Cyran n'était pas mort dans sa prison de Vincennes, et il n'y a rien de si contraire aux sentiments de l'humanité et de la religion chrétienne que les expressions dont il se sert : « 11 est évident, dit-il, que les erreurs d'Arnauld sont presque toutes tirées des exécrables maximes de cet abbé, si connues de tous ceux qui l'ont autrefois approché, si bien vérifiées en justice, et pour lesquelles lui-même faisait gloire d'avoir acquis en une longue prison la qualité de confesseur. Plût à Dieu qu'il eût remporté celle de martyr, il serait mantenant plus en repos, et TÉglise aussi. » Tel était le zèle de ce jésuite pour la gloire de M. de Saint-Cyran. il ne lui enviait pas la couronne du martyre, et ne se mettait pas en peine de couvrir les Pères de sa compagnie de la honte d'avoir été ses persécuteurs et ses tyrans, pourvu que sa mort, qui lui avait paru trop lente et trop tardive de quelques années, les eût délivrés d'un homme qui ne leur était devenu contraire que par l'amour qu'il avait pour la vérité.