‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 246 sur 522 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Édition des Dogmes théologiques du P. Petau*. Le P. Sirmond publie son faux Prœdeslinalus. On y répond.

Tout le monde attendait avee beaucoup d'impatience les Dogmes théologiques du P. Petau, qu'il enfantait depuis longtemps. Mais les trois premiers tomes, qu'il en publia cette année, ne parurent pas plus tôt que toutes les personnes équitables qui font gloire de révérer la doctrine des saints Pères de l'Église furent offensées du mépris injurieux qu'il faisait des sentiments de saint Augustin. Car les ayant rapportés sur le sujet de la prédestination, il les renverse et les réfute aussitôt dans la suite de son ouvrage, et préfère ses imaginations aux maximes de ce saint docteur, qui ont toujours été si vénérables aux papes et aux conciles. Ce fut encore une nouvelle occasion de dispute, et nous en verrons les suites.

Mais si on blâma, avec raison, la témérité de ce jésuite, le P. Sirmond, son confrère, s'exposa aussi au mépris des gens de lettres par la publication d'un auteur qui ne pouvait voir la lumière qu'à la honte de celui qui le donnait au public comme solide et judicieux. Il lui plut de le nommer Pr^destmatus^ (\no\(\Vie le manuscrit dont il se servait n'eût point de titre, afin de dire avec beaucoup de fermeté et de confiance « que ceux qui aiment la vérité n'y trouveraient rien à redire, et ne pourraient alléguer aucune raison pour le récuser. Que personne n'a pu mieux connaître les opinions des Prédestinaliens que cet homme qui les voyait tous les jours, qui disputait souvent avec eux, lequel ils fuyaient et redoutaient plus que tous les autres; et qu'ainsi il n'y, a rien de plus assuré, ni de plus clair, que l'erreur de ceux qui soutiennent qu'il n'y a jamais eu nulle véritable hérésie des prédestinés. »

Il n'en faudrait nullement douter s'il eilt fallu s'arrêter aux éloges que les Jésuites venaient de donner au P. Sirmond. Car le P. Pinthereau ne pouvait souffrir « que l'on

1. Hermant avertit en note qu'il faut revoir cet endroit des Dogmes du P. Petau.

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