II
avec eux ; qu'il les assurât de sa bienveillance, non seulement dans la présente occasion, mais en toute autre rencontre.
Il s'étendit ensuite sur les louanges de l'Église gallicane, sur le grand nombre d'évêques doctes, saints et exemplaires qu'elle avait produits et qu'elle produit tous les jours. De là il passa avec une éloquence facile et naturelle (mais toujours dans son langage italien, quoique M. Bourgeois lui parlât latin), au bel ordre qu'il avait remarqué en France dans les paroisses, et particulièrement dans celles de Paris où il avait demeuré plus longtemps, regrettant que la même chose ne se pratiquât pas dans Rome. Il lui témoigna que c'était avec plaisir qu'il rappelait dans sa mémoire et racontait de temps en temps ce qu'il avait vu dans l'église Saint- Eustache, un jour d'une simple fête toute l'église pleine de monde, dont la modestie, le silence et la dévotion l'avaient tout à fait édifié; ajoutant qu'il autoriserait toujours, autant qu'il serait en lui, tout ce qui favoriserait un si bel ordre, le plus juste, le plus naturel et le plus ancien de l'Église.
11 finit en lui disant qu'il regardait l'affaire qui lui était recommandée comme très importante, non seulement puisqu'il s'y agissait de l'usage du sacrement de pénitence, le plus ordinaire et le plus nécessaire de tous, mais aussi par la qualité de l'auteur et desapprobateurs; qu'il y procéderait avec toute la maturité possible; qu'il se donnerait de garde des surprises et s'en instruirait par soi-même, ne pouvant croire que tant de personnes de la première qualité du royaume, et de la plus haute réputation pour la science et pour la prudence, eussent pu s'engager mal à propos en une approbation de cette nature; qu'il assurât l'auteur du livre et les illustrissimes approbateurs qu'il ne portait à cet examen qu'une très grande estime pour eux et une affection très sincère de les servir; que pour lui il donnerait ordre qu'on lui accordât les audiences qu'il demanderait ; qu'il en usât avec toute liberté, et qu'il serait bien aise de le voir de temps en temps, pour apprendre l'état de son affaire et conférer avec lui.
M. Bourgeois ayant très humblement remercié Sa Sainteté de toutes ces marques de sa bienveillance, lui avoua qu'il ne pouvait arrêter les témoignages de la joie qu'il