LIVRE IV
plusieurs de ses ouvrages, que les plus illustres prélats du royaume ont approuvés avec éloges, la seule apostille du Père Pinthereau lui tiendrait lieu d'apologie. El en effet, sans chercher sa prétendue hérésie dans le texte de sa thèse, on peut dire qu'elle est tout entière dans la marge du libelle de ce jésuite, où on lit ces mots : « Le sieur Hermant est auteur de la plupart des libelles diffamatoires faits contre les Jésuites : comme des trois Apologies de l'Université, des Vérités académiques, et autres. » Voilà son crime et ce qui Ta rendu digne d'être déchiré par cette plume envenimée, qui ajoute dans la même marge : « Il était accompagné dans cette action d'un nommé Fortin, qui faisait le personnage d'un bateleur plutôt que d'un bachelier; le sieur de Bréda était pour lors syndic. »
Mais cela n'empêcha pas que sur la fin de la même année, M. Cornet, qui avait succédé à M. de Bréda dans la charge d[u] syndicat, n'approuvât encore sa thèse de grande ordinaire, pleine de vérités peu favorables aux Jésuites; que plusieurs prélats de l'assemblée qui se tenait encore ne continuassent de l'honorer de leur présence, aussi bien que de leur amitié, comme entre les autres M. de Montchal, archevêque de Toulouse, qui la lui a continuée tant qu'il a vécu, en l'entretenant par le commerce de ses lettres; que l'Université de Paris ne le tirât de son canonicat de Beauvais l'année suivante, en le contraignant de faire la fonction de recteur, dont il s'est acquitté pendant dix-huit mois, d'une manière qui n'a jamais rien eu de conforme à cette belle peinture que des Jésuites ont voulu faire de sa personne. Mais cette cruelle invective leur réussit si mal dans l'estime des honnêtes gens, qu'ils la retranchèrent euxmêmes dans la seconde édition de ce libelle, et se contentèrent d'accuser M, Hermant, dans leur épître adressée aux docteurs de la Faculté de théologie, d'avoir suivi dans une thèse la doctrine de M. l'abbé de Saint-Cyran, quoiqu'il ne l'eût apprise en ce temps-là que par la lecture de saint Augustin, qui ne lui était pas nouvelle.