LIVRE IV
nora, dès le commencement de cette année, la mémoire de M. Litolfi Maroni, mort à Toulouse l'année précédente, par une oraison funèbre que M. Godeau ', évêque de Grasse et
de Vence, prononça par ses ordres le janvier, qui fut
rendue publique par l'impression, aussi bien que l'ordonnance de cet illustre et généreux prélat pour l'établissement d'un séminaire dans son diocèse. La mort de ce vertueux évêque arriva dans le temps qu'il devait se rendre à Paris avec les autres députés du clergé de France, par un jugement de Dieu qu'il fallait adorer comme tous les autres ordres de sa providence. L'assemblée renouvela aussi par une déclaration solennelle le règlement qui avait été fait dans les années 1625 et 1635, pour l'administration des sacrements et la prédication de la parole de Dieu, que les réguliers devaient observer sous la conduite de MM. les évoques. On avait vu un trop grand nombre. de religieux violer cet ordre légitime, et franchir les bornes de la sainte hiérarchie par de fréquentes révoltes, sous prétexte des privilèges et des exemptions accordés par le Saint Siège à quelques-uns d'eux; et la paix de l'Église en était manifestement troublée, et il était nécessaire de leur faire comprendre une bonne fois, que quand les souverains pontifes les ôtent de la juridiction ordinaire de leurs évêques, ils n'entendent pas ruiner l'autorité de l'épiscopat.
Mais lorsque M. d'Elbène*, évoque d'Agen, voulut exécuter ces règlements dans son diocèse, il trouva une désobéissance si scandaleuse dans les couvents des frères Augustins de Montagnac, des Observantinsde Florensac, et des Récollets de Marsillac, qu'il se vit contraint d'interdire leurs églises. Et quoique les Récollets eussent fait semblant de garder l'interdit, dont ils avaient appelé au Saint Siège, néanmoins se servant du nom du procureur général de Toulouse, ils interjetèrent un appel comme d'abus, et demandèrent qu'il plût à la cour de lever l'interdit et toutes les excommunications de M. l'évêque d'Agen. Sur quoi le parlement ordonna que ce prélat lèverait l'interdit, autrement permit aux Récollets de s'adresser au premier évêque. L'assemblée