‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 314 sur 522 · Antoine Godeau, évêque de Grasse et de Vence · texte numérisé non relu

Antoine Godeau, évêque de Grasse et de Vence

2. Barthélémy d'Elbène, évêque d'Agen en 1636, mourut en 1663. Son frère Alphonse d'Elbène devint évêque d'Orléans en 1647.

générale du clergé de France s'en plaignit ouvertement, par une lettre circulaire adressée à tous les prélats du royaume, dans laquelle elle représente avec force l'attentat de ces religieux, que l'ignorance aurait pu excuser en la personne des laïques.

Ce fut aussi par l'ordre de cette assemblée qu'il se fit une troisième édition de Pelrus Auretius, et M, Godeau, évéque de Vence, ayant eu commission d'en dresser l'éloge, comme une marque éternelle de la reconnaissance du clergé de France envers la personne et la mémoire de ce généreux défenseur de la hiérarchie, s'en acquitta d'une manière digne de la grandeur du sujet, et avec une éloquence conforme à la réputation que ce prélat avait acquise par tant d'écrits qui honoreront notre siècle. Mais cet éloge, plein de lumière et de vigueur, ne parut pas plus tôt dans le monde que les Jésuites entreprirent de le flétrir par un ouvrage de ténèbres, à qui ils donnèrent le faux nom de : Paulus Homanus de elogio Aureliano. C'était un libelle que l'on aurait dit avoir plutôt été écrit avec du fiel.qu'avec de l'encre, et dans lequel ils n'épargnèrent ni les injures, ni les railleries, pour déshonorer M. de Vence. Aussi la puissance ecclésiastique fut armée pour punir cet attentat; M^M'archevêque de Paris le condamna par son mandement du 15« d'octobre, et le 25« du même mois, M. le prévôt de Paris le condamna par sentence à être brûlé par les mains de l'exécuteur de la justice. M. Hermant, qui avait été nommé recteur de l'Université de Paris au commencement du même mois, en fit une partie du sujet du premier discours qu'il prononça au mois de décembre dans l'église des Mathurins, et peignit de toutes ses couleurs l'entreprise si téméraire de ces Pères, qui avait excité dans tout le royaume, une indignation publique.

Cependant on voyait d'une part le P. Bagot, jésuite, publier des dissertations théologiques, sur la matière de la pénitence, et de l'autre on lisait avec beaucoup d'estime la Défense de M^" les prélats approbateurs du livre de la Fréquente communion, qui comprenait la réfutation d'un très grand nombre de libelles des Jésuites.

M. Morel, docteur de Sorbonne, qui ne s'était signalé jusqu'à ce temps-là que par ses intrigues, chez M. le chancelier et ailleurs, contre les défenseurs de la doctrine de

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