‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 348 sur 522 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Divers écrits pour la grâce. Extrait de l'épitre du pape CélestiD I. — Traité adressé à M. Cornet par Paul Romain. M. l'abbé de Bourzeis écrit pour i'éclaircissenoent des propositions.

Comme ce que l'on avait dit dans cet écrit touchant le pape Célestin méritait une plus grande réflexion, on en publia un autre en même temps, qui portait pour titre : De l'épître du pape Célestin aux évêques de Finance, par laquelle j et par quelques autres témoignages, on montre quon ne peut quitter saint Augustin, en la matière de la grâce, sans péril de tomber dans l'erreur.

Un auteur qui avait pris le nom de Paulus Romanus adressa à M. Cornet une lettre élégante et vigoureuse, qui portait pour titre : Molina collatorumque adversus doctrinam sancti Augustini apparatus ad Nicolaum Cornet, sacra; t acultalis syndicum. Dans cet écrit, qui est daté du 16 juillet 1649, il faisait voir quatre choses : l" Il représentait les divers arlilices du syudic et les intrigues des molinistes, et montrait que le dessein de condamner saint Augustin n'ayant jamais été juste, il était encore moins supportable en la personne de ces censeurs, et particulièrement dans la conjoncture présente;

2° Il proposait une histoire abrégée de la doctrine de notre salut, faisant voir que J.-C. ne s'était point lassé de l'enseigner aux apôtres qui n'en avaient pu porter le poids avant que d'être remplis du Saint-Esprit *, et que les évêques

1. On a substitué à ce passage, mais sans barrer ce qu'avait écrit Hermant, les quelques lignes que voici : « Que J.-C. n'eu avait enseigné les plus profonds mystères aux apôtres qu'après qu'ils eurent reçu le Saint Esprit. »

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l'ayant toujours soutenue, elle ne devait pas être condamnée par un petit nombre de personnes, qui d'ailleurs n'étaient pas d'une grande autorité ;

3° Il faisait une comparaison qui n'était pas inutile entre saint Augustin et Molina, et entre la doctrine de l'un et de l'autre ; et examinait en peu de mots la vanterie de Calvin et de Molina sur un même sujet, exprimée presque en mêmes termes;

4° Il montrait que les ennemis de la grâce étaient altérés de sang, et plus disposés à exercer leur cruauté qu'à disputer, et combien ce qui paraît mal est un très grand bien quand on y est engagé pour la défense de la vérité. Il finissait par une prière qu'il faisait à Dieu de secourir son Église.

Dans le choix des examinateurs qu'il reprochait à M. Cornet, il marquait particulièrement que M. Bail' ne devait pas être de ce nombre, après avoir publié depuis peu un livre dans lequel il défendait l'usure et la doctrine des trois contrats. Il faisait voir aussi que quelques autres, étant aux gages des personnes attachées à Molina, étaient incapables par leur engagement d'examiner les cinq propositions, et s'élevait contre l'injustice de l'un d'entre eux qui avait dit que cinq cents Âugustins n'empêcheraient pas cette censure. Il disait d'un autre, qu'ayant plaidé toute sa vie contre son évêque, il n'était pas fort propre à procurer la paix de l'Église. C'était M. Pereyret qui avait traité de la sorte M. l'évêque de Clermont, pour se maintenir dans la qualité d'official indéposable, sans avoir égard aux anciennes obligations qu'il avait à ce prélat, son ancien disciple, qui avait autrefois exposé sa vie pour la défense de la sienne, et a porté sur son visage, dans tout le reste de sa vie, les cicatrices d'une blessure* qu'il avait reçue en cette occasion. Mais les règles de la bienséance n'étaient pas fort considérables à ces députés, qui ne se souciaient même que fort peu de celles de la vérité et de la justice, et qui mettaient tout leur honneur à venir à bout, par quelque moyen que ce fût, de ce qu'ils avaient entrepris.

1. Louis Bail, docteur de Sorbonae et curé de Montmartre, supérieur des deux maisous de Port-Royal en 1661, mort eu 1669.

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