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450 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
Il n'y avait pas longtemps que messire Amable de Bourzeis', abbé de Cores, était entré dans les sentiments de saint Augustin, quand cette affaire des cinq propositions fut proposée à la Faculté de théologie. Cet homme de lettres* était auvergnat de naissance, neveu du P. Arnould% jésuite, et avait été élevé page chez M. le marquis de Ghandenier*, père du capitaine des gardes. De là il avait passé quelques années auprès de M. le cardinal de Savoie*, et s'était ensuite comme établi chez M. de Liancourt, où il joignait l'étude de la théologie et des belleslettres, faisant profession de prêcher et d'écrire. Il était tout ensemble de l'Académie et de l'Assemblée de la propagation de la foi où il éclatait plus qu'ailleurs, s'étant appliqué aux controverses contre les hérétiques, qui l'avaient rendu considérable auprès du cardinal de Richelieu, dont il revit ensuite les derniers ouvrages sur cette matière, à la prière de M"^ la duchesse d'Aiguillon. Lorsque M. le prince Palatin* était entré dans l'Église catholique, il avait fait imprimer en sa faveur une instruction sur les questions controversées qui servent de prétexte aux protestants pour se séparer de notre communion. Cette grande application h la lecture des saints Pères de l'Église lui ayant fait contracter une habitude particulière avec saint Augustin, il voulut éclaircir plus exactement qu'il n'avait fait les matières de la grâce, par la lecture des ouvrages de ce saint docteur contre les Pélagiens. Et quoique, dans les premières années de sa vie, il eût été engagé autant qu'aucun autre dans les opinions du molinisme, tant par la liaison très étroite qu'il avait avec les Jésuites, que par sa propre inclination ; néanmoins il se vit accablé d'un si
1. Amable de Bourzeis, abbé de Cores (1606-1672), membre de l'Académie Frauçaise.
2. Note margiûale, d'une autre main : » qui avait une très grande connaissance de l'hébreu et des autres langues orientales. »
3. Jean Arnoux ou Arnoulx, jésuite (1592-1636), confesseur de Louis XIII en 1617.
4. Jean-Louis de Rochechouart, marquis de Ghandenier, gouverneur de l'Auvergne.
5. Maurice de Savoie (1593-1657), créé cardinal par Paui V en 1607, renonça au cardinalat eu 16i3 pour épouser sa nièce, Louise-Marie de Savoie.