‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 359 sur 522 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Relation de ce qui se passa à Sens, peudant cette année, entre M. l'archevêque et les Jésuites.

Il n'y avait pas longtemps que messire Henry Louis de Gondrin* était dans les fonctions archiépiscopales de l'église primatiale et métropolitaine de Sens, après la mort de messire Octave de Bellegarde, son oncle, dont il avait été coadjuteur dès l'année 1643. Et comme il avait trouvé les Jésuites établis dans sa ville, il y trouva aussi^ dès le commencement de son ministère, une pressante nécessité de repousser par les armes spirituelles les excès que l'esprit de rébellion leur faisait commettre contre son autorité. Car non seulement ils confessaient ses diocésains sans son approbation, contre l'ordre de l'Eglise et la sentence de son officiai, mais même ils soutenaient hautement qu'ils en avait le pouvoir, et exposaient ainsi les peuples à de continuels sacrilèges, en leur inspirant l'esprit de désobéissance et de révolte. Ils avaient même prétendu, et l'avaient soutenu avec serment devant le lieutenant général de la ville, que M. de Sens leur avait donné cette approbation de vive voix; mais ils s'étaient expliqués en cette rencontre par des termes si recherchés, et y avaient ajouté tant de protestations, qu'il était visible à tout le monde que leur but était de ne reconnaître" nullement l'autorité de ce prélat, qui était celle de l'Église.

Ce fut ce qui obligea ce généreux archevêque de publier

1. Henri-Louis de Pardaiilan de Gondrin, archevêque de Sens (1620- 1674); il fut l'un des adversaires les plus déclarés des Jésuites, et c'est lui qui négocia la paix de Clément IX.

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