‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 374 sur 522 · C'est-à-dire : « on la possède manuscrite · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : « on la possède manuscrite

2. Cette lettre du P. Sabré est simplement l'objet d'une note marginale comme il s'en trouve si souvent pour indiquer les références, elle n'est ni citée ni analysée au cours de ce chapitre.

et à des mouches qui étaient sur le point de mourir, l'accusant d'un extrême emportement de jeunesse, de crime, et d'avoir des sentiments si étranges et contraires à la doctrine orthodoxe et à la foi, qu'il était impossible de les rapporter sans horreur.

Mais la force et la véhémence de ces injures étaient mal soutenues par le corps de son ouvrage, qui était extraordinairement faible et languissant, et il n'avait point eu besoin de beaucoup de temps pour le composer, parce que ce n'était presque qu'une chétive compilation des mêmes écrits qu'il dictait depuis tant d'années en Sorbonne.

Pendant que son livre se publiait à Paris au mois d'octobre, il arriva dans le Languedoc un scandale horrible, dont les sectateurs de Molina voulurent, sans aucun fondement légitime, tirer un grand avantage contre les disciples de saint Augustin. Ce fut la chute du sieur de Labadie, qui n'ayant jamais été connu pour ce qu'il était, ni chez les Jésuites, dont il avait porté l'habit pendant quinze ans, ni par les illustres prélats qui lui avaient donné de l'emploi dans leurs diocèses et avaient employé leur autorité sacrée pour le protéger, vint abjurer publiquement dans Montauban la foi catholique dont jusqu'alors il avait fait profession, ou pour mieux dire vint chercher dans le parti des calvinistes le moyen de mener impunément la vie errante et vagabonde d'un fanatique et d'un illuminé.

Cetapostat, quia servi d'organe au démon pour séduire une infinité de personnes au dedans du royaume, et qui a porté la division et le trouble partout où il a été, avait pris naissance dans la petite ville de Bourg, au diocèse de Bordeaux. Il était entré dans la compagnie des Jésuites dès l'âge de quatorze ou quinze ans, et ayant passé avec beaucoup de réputation et d'estime par tous les emplois dont son âge était capable, il y avait été élevé au sacerdoce. On ne peut nier qu'il n'ait eu de grandes qualités naturelles, un extérieur avantageux, une facilité extraordinaire de s'exprimer * en public sur les matières de piété; il se fût rendu capable de servir utilement l'Église, si l'attachement qu'il avait à

1. La rédaction du ms est ici un peu différente : « ... et surtout un don de visage et un extérieur avantageux pour s'insinuer dans l'esprit de ses aaditeurs, et comme ces avantages étaient joints à une facilité extraordinaire qu'il avait de s'exprimer... »

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