‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 388 sur 522 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

doxe, c'est-à-dire d'hérétique, et c'est de quoi cet abbé se plaint, aussi bien que dune Dissertation postérieure, touchant In doctrine de saint Augustin, et V interprétation du concile de Trente, et on le réfuta en peu de paroles. ,

Le P. Labbe ne fut pas plus modéré, car publiant en ce même mois un libelle qu'il intitula : Le calendrier des heures surnommées à la janséniste, il eut l'insolence de prendre le nom de François de Saint-Romain, prêtre catholi' <7ue,dansla« revision.etlacorrection» qu'il se vantait d'en publier, comme s'il y avait deux sortes de prêtres en France aussi bien qu'en Angleterre, les uns catholiques, les autres d'une différente religion.

L'ouverture des classes du collège de Clermont se fit avec beaucoup de pompe et d'éclat au commencement d'octobre, par une harangue que le P. Cossart', jésuite, y prononça contre la nouveauté de la doctrine, et l'ayant remplie de ce que tout l'art lui pouvait fournir d'ornement, il évapora toute lapassionet toute l'animositéde sa compagnie contre les disciples de saint Augustin. L'ayant ensuite fait imprimer, il la dédia à M. le Maréchal de l'Hôpital*, gouverneur de Paris, qui avait été du nombre de ses auditeurs. Et quoique ses confrères aient fait passer cette pièce pour un chef-d'œuvre, il n'a pas beaucoup, depuis ce temps-là, soutenu les intérêts de sa Société, étant mort sans laisser aucun ouvrage fort considérable.

Les Jésuites attribuent à Michel Paludanus ', augustin à Gand et docteur de Louvain, un livre fait en faveur de la bulle d'Urbain VIII, imprimé en ce même mois à Namur. Et le doyen de la Faculté de Douai publia aussi une deuxième lettre adressée à M. Fromond, pour la défense de la vérité et de la justice de la censure du pape.

On vit aussi paraître en ce temps-là la Censure du Catéchisme de la grâce contenant la doctrine de Jansénius, avec la censure du livre de Jansénius, par M. Vévêque de Soissons,

1. Gabriel Cossart, jésuite (16'5-1674) est surtout connu pour sa coopération au Recueil des Conciles du P. Labbe.

2. François de l'Hôpital, comte du Ilallier (1583-1660) noaréchal de France, avait été évêque de Meaux avant d'embrasser le métier des armes; il devint gouverneur de Paris en 1649.

3. Michel Vaa Broeok ou Paludanus (1593-1652), professeur de théo^ togiê à LoUValu,

et le récit véritable de ce qui s'est passé à Rome, touchant M. Hersent. Et cette relation contient aussi deux Réponses du nonce de France des 26 et 27 octobre d deux évêques, sur le sujet du même M. Hersent.

Le P. Deschamps, jésuite, qui s'appelait en latin ^nfomu* RicarduSym\i en français cet ouvrage qui était fort au goût de ses confrères. Au moins il en prit les matériaux pour composer un ouvrage qui se répandit partout sous le nom de : Secret du Jansénisme découvert et réfuté par un docteur catholique. Aussi ne demeura-t-il pas sans répartie.

Les Jésuites ont fait imprimer une lettre par laquelle on leur mandait de Cologne, du 14 novembre, que M. le nonce étantin vile parle P. Charles, religieux observantin de l'ordre de Saint-François, professeur à Aix, d'assister à des thèses qui s'y devaient soutenir, fit venir le commissaire général de l'ordre pour lui reprocher la hardiesse avec laquelle ces thèses avaient été proposées, lui défendit d'en souffrir la publication et la défense, lui commanda de les brûler et de châtier selon leurs mérites le répondant et le président. Ils ajoutent que l'on satisfit en plein chapitre au désir de M. le nonce, et que le P. Charles fut obligé de s'enfuir à Malines, après avoir imploré en vain la protection du duc Charles.

L'insolence et la mauvaise foi du P. Labbe croissant toujours, il publia le 19 du mois un livre outrageux, qu'il qualifia : L'année sainte des catholiques, et le Journal historique où sont représentés fidèlement les saints et les saintes plus remarquables dans l'h'glise, comme aussi plusieurs personnes décédées en opinion de sainteté, avec le siècle, l'année, le mois, et le jour deleurmort. Sur la fin de la préface, il appelait M. de Saint-Romain son très intime ami et de sa grande connaissance, et promettait de sa partie petit traité qu'il avait composé sous ce titre : Conformité des heures à la janséniste avec les sentiments de Genève et de Charenton. Mais il n'était pas vrai que ce M. de Saint-Komain, qui était lui-même, fût de sa grande connaissance, car il se connaissait fort mal, et cette promesse* s'est trouvée sans aucun effet.

Les Jésuites nous ont appris que la bulle d'Urbain VIII avait été publiée à Varsovie, le 21 de novembre, en présence du roi et de tout le peuple, dans l'église paroissiale de Saint-Jean, par commandement de M. le nonce.

1» Ma. i menace^

LTVRE V ^'

Messire Henri de Baradat, évêque de Noyon, ayant fait publier dans son diocèse la bulle d'Urbain VIII, on fit imprimor son mandemont du 18 décemhro sous ce titre : Censure du livre de Jansénius, faite par M. Vrvêque de Noyon, avec le décret contre la doctrine du dit Jansniius de la congrégation de l'ordre de Prémontré K

On imprima aussi vers ce même temps la Lettre d'un théologien à un de ses amis en convalescence, contre trois lettres des Jansénistes, savoir : d'un abbé à un évêque ; d'un abbé à un abbé; et d'un abbé à un président, par Nicolas Forest Duchêne^ abbé Bernardin.

Le P. Bagot fit imprimer, en cette année, un Avis aux catholiques, pour juger de la bonne doctrine sur la matière de la grâce et servir de réponse à la première partie de la lettre d'un abbé à un évêqw.

Le P. Sirmond donna une nouvelle édition de Servatus Lupus avec le Becueil et deux lettres du même auteur, et quelques témoignages des Pères grecs.

M. Morel se plaindrait de nous si nous passions sous silence son petit livret de la Défense de la confession de foi, qu'il avait alléguée dans ses véritables sentiments de saint Augustin contre un abbé et un docteur, car quoiqu'il ait soutenu en cela avec opiniâtreté la confession de foi de Pelage, il ne lui en faut point envier la gloire.

On voit aussi (ju'il se fit en ce temps-là un traité intitulé : Portse antiquic novœ de fieresis pelagianx et semipelaglan;c arcanis, et il en fait mention dans un autre ouvrage.

La postérité pourra s'étonner de la lettre de remerciement que l'assemblée du clergé fît alors à feu messire François de Harlay deuxième du nom, archevêque de Bouen, pour la préface de son Rituel, étant certain que ce livre mérite plutôt des gémissements que des éloges.

Nous n'oublierons point aussi le décret des Pères Minimes dans leur chapitre provincial, puisque les Jésuites ont pris tant de soin de l'ajouter à leur triomphe imagiginaire.

On produisit aussi un poème intitulé : Traité nécessaire pour accorder les différentes opinions sur le sujet de la grâce-

Le procès-verbal de l'assemblée générale du clergé tenue

i. Sic, il doit manquer ici quelques mots.

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à Paris en 16G0 nous apprend, dans la délibération du 17 décembre, que la lettre de M. de Vabres en attira une du roi au pape Innocent X. Et cette intrigue réussit incomparablement mieux à M. ffabert que ses sermons et ses livres, si c'est être heureux que d'engager les premières puissances de l'Eglise à se déclarer contre des personnes que la suite a fait voir être très irréprochables dans leur doctrine aussi bien que dans leurs mœurs.

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