‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 387 sur 522 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

mort en ce même mois, on vit graver sa figure avec cet écriteau sortant de sa bouche : Scrutamini scripturas, son écusson était au haut du côté droit de son image avec trois couteaux, deux en chef, et l'un en pointe ; et au côté gauche, il y avait trois torches ardentes posées en sautoir. Mais il n'y avait rien de plus horrible que l'inscription que l'on avait fait graver au bas de son portrait en taille-douce, contenant ces mots : « Le bienheureux maître Jean Clément Le Consteller, exterminateur des hérétiques, donnant la fuite à tous leurs ministres par toutes les provinces du royaume de France, et embâillonneur des Jansénistes renieurs de JHeu sauveur de r Univers : Obdormivit in Domino^ VIII Februar. M. I). C. L. Ae/a^JA- ,V/./.Y. On voulait par là rendre odieuses à toute la terre des personnes très catholiques et très innocentes, et soulever contre eux le simple peuple. Mais les auteurs de cet ouvrage excitèrent l'indignation des personnes équitables et furent contraints de corriger une si horrible inscription.

Le P. Vavasseur, jésuite, ne fut guère moins emporté, lorsqu'au mois d'avril il publia un livre plein de feu et de soufre, qu'il nomma rVan^emMS suspectus. Il prétendait fonder ce soupçon sur sept choses : 1° Sur ce que Jansénius était auteur de Mats Gallicus; 2° sur ce qu'il avait intitulé, Augustin, son ouvrage de la grâce; 3° sur ce qu'il avait composé l'Hérésie pélagienne; 4° sur ce que l'un ell'autre sexe et des personnes de toutes conditions disputaient de Jansénius ; 5° sur ce que les Jansénistes ne voulaient nullement être jugés par les docteurs en théologie de la Faculté de Paris; 6" sur ce qu'ils empêchaient que le pape ne prononçât aucun décret sur cette matière, ou éludaient ceux qu'il avait prononcés; 1° sur ce qu'il prétendait qu'ils étaient semblables à Calvin, en cinq chefs, où il ne manquait pas d'intéresser l'État et l'Eglise, en tâchant de leur faire concevoir de vaines terreurs contre des personnes très innocentes, qui n'avaient pris nulle part aux derniers soulèvements du royaume. Mais comme ce livre n'avait point d'autre force que celle de la passion et de l'animosité de son auteur, il se ruina de lui-même sans qu'on fût obligé d'y répondre.

Le P. Dom Pierre de Saint-Joseph, feuillant, fit aussi imprimer dans ce même mois, une Lettre de remerciments d M. de Bouneis^ avec lu lUpome à ses conférences,

Le 9 mai, il sortit de la presse un libelle qualifié : Réponses catholiques aux demandes du prétendu Catéchisme de la grâce. Et le 13 du même mois le P. Nicolaï, jacobin, adressa à son général une lettre manuscrite touchant la doctrine de Jansénius.

Le 30, les Jésuites produisirent un autre libelle qu'ils baptisèrent : Catholka disceptatio de Ecclesiapneseniis temporisa cum Epistola ad Vincentium Lenem, authore Vinccntio Severino Claravallensi, etc. Le P. Annat, qui reprochait si souvent aux autres qu'ils se déguisaient, s'était caché sous ce nom, mais ses confrères lui ont fait justice, et ont grossi le catalogue de leurs auteurs de la restitution qu'ils lui ont faite de cet ouvrage.

Le général des Capucins ayant fait une ordonnance pour son ordre, datée du 21 juin, on publia quelque temps après la Condamnation de la doctrine des Jansénistes par les Révérends Pères Capucins^ en leur chapitre général tenu à Rome cette année sainte, avec quelques autres particularités, A Paris chez Variquet.

Presque dans le temps même que le P. L'Ermite, jésuite, mettait en lumière à Douai, son Catéchisme^ ou abrégé de doctnne touchant la grâce divine, le P. d'Orisy'^ son confrère, publiait un autre écrit à Paris pour combattre celui de M. Feydeau, et c'est lui qui est l'auteur de la Réfutation du pj'étendu Catéchisme de la grâce par saint Augustin. M. Arnauld a remarqué quelques-uns des excès de ce jésuite.

Pendant le mois d'août, ceux de la Faculté de Douai étant toujours fort échauffés contre M. Fromond et ses amis de Louvain, publièrent un écrit, intitulé : Epistola Decani [Facultatis] Theologicx Duacensis ad FulgentiumEmunctorii lucernulœ suse auctorem.

Le P. Petau, publiant son quatrième tome de ses Dogmes théologiques au mois d'août de cette année, s'y voulut signaler en plusieurs endroits. Car il y combattait la doctrine de saint Augustin en la première partie, où il traite de la liberté de J.-C, au livre 11, où il parle de son impeccabilité ; au livrç 13 où il parle de l'office de J,-C. médiateur, contre la doctrine de Jansénius. Mais il s'emporte avec une furieuse passion contre M. l'abbé de Bourzeis, qu'il traite d'hétéro-

i. le 1». bofisy, Jé»alte, moH eu lG.'i3.

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