‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 393 sur 522 · VI! K VI · texte numérisé non relu

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ou pour vouloir dissimuler que c'a été sans aucun dessein et par la seule rencontre de l'arrangement des vers qu'on a omis cette expression en trois endroits, puisqu'on l'a marquée en cinq, ou en mêmes termes, ou en termes aussi forts, et en plus forts même, dans le même point de la rédemption et de la mort de J. C, en l'étendant à funivers, à tout l'univers, à tous les hommes, non seulement en la traduisant du latin dans le français, mais en la mettant même dans le français, lorsqu'elle n'était pas dans le latin, et ce qui confond encore davantage la calomnie, en affectant de rapporter un passage de saint Paul où elle est marquée plus clairement qu'en ces vers latins, sans que l'on eût aucune nécessité de le faire, et qu'on n'aurait point rapporté infailliblement, si l'on avait eu la moindre aversion de ce titre de rédempteur de tous, qui est attribué à J.-C. par épithète en trois endroits de ces hymnes.

Il fait voir que dans une de ces hymnes mêmes que les Jésuites objectaient, savoir celle de Noël, on avait appelé J.-C. Vespoir de tout l'univers, que dans celle du Saint Sacrement on avait marqué que la mort de J.-C. était le prix de la rédemption de l'univers, que dans lliymne pour le lemps de Pâques à Vêpres, le terme de rédempteur du monde, qui est aussi général que rédempteur de tous, était mis dans le français quoiqu'il ne fût pas dans le latin, et qu'on l'avait encore prouvé plus fortement dans ces deux vers du Te Deum :

Tu n'as pas dédaigné, pour sauver tout le monde. D'entrer dans l'hurable sein d'une vierge féconde.

Il montre aussi que dans le recueil qu'on avait fait des Règles chrétiennes tirées de l'Écriture Sainte^ Règle VII, entre plusieurs passages de saint Paul que l'on avait choisis, on en avait rapporté un où cette expression de la rédemption de tout le monde et de la mort de J.-C. pour tous est plus formelle qu'en aucun lieu de toutes les Écritures, de sorte que c'est le passage que les Semipélagiens et les Molinistes objectent le plus, qu'ils produisent comme le fondement de leur opinion, et sur lequel ils appuient les autres pour en étendre le sens et l'intelligence. Il fait observer que, puisque ce choix était tout libre et tout volontaire, on ne pouvait point avoir eu dessein de supprimer une expression d'un poète ecclésiastique laquelle on a tirée

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du grand ii[)ùUo puur la proposer à tous les lecteurs dans ces ternies : « L'amour de J.-G. nous presse, considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts. Et J.-G. est mort pour tous, alin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes; mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » [Il Cor., v, 14.]

Il ajoute qu'il y a sujet d'admirer celle belle remarque d'un vieux jésuite, <)ui, enchérissant sur le P. Labbe, accuse le traducteur des hymnes de ne s'être pas contenté d'avoir déguisé les paroles de l'hymne de l'A vent en mettant dioln sauveur, au lieu de sauveur de tous ; mais d'avoir mieux aimé laisser entièrement l'hymne qu'on dit aux laudes de l'ofiice des confesseurs pontifes, Jesu redemptor omnium, Jésus rédempteur de tous, par une omission et une subtilité afl'eclée. Et il répond à ce jésuite qu'il doit avoir reconnu que depuis ce titre des Heures, Hymnes pour le Commun des Saints, jusqu'à la fin, on n'avait traduit qu'une hymne pour les apôtres dans le temps ordinaire de l'année, quoiqu'il y en eût deux, et qu'on en avait usé de même pour un martyr, pour plusieurs martyrs, pour les confesseurs pontifes, pour les vierges, pour la dédicace de l'Église, quoiqu'il y en eût deux partout.

De plus il représente à cette personne de qualité qu'il n'en est pas des vers comme de la prose, et qu'on est tellement lié par les mesures et par les rimes, qui sont les chaînes de notre poésie, et on est resserré dans des bornes si étroites, lorsqu'il faut traduire quatre vers latins, en quatre [vers] français, que l'élocution française étant plus étendue, et enfermant moins de sens que la latine qui est courte et féconde en sens, le traducteur qui s'était obligé partout à traduire vers pour vers avait été contraint d'omettre quelques expressions et épithètes dans les vers lalins.

il satisfait ensuite à une objection que cette personne de qualité, et quelques autres personnes de leurs amis lui avaient faite, qu'ayant affaire à des personnes qui ne cherchaient que les moindres occasions, et qui étaient si charitables pour leur prochain qu'ils négligeaient volontiers d'ôier une poutre de leur œil, pour chercher une paille dans l'œil de leur frère, il fallait faire l'impossible pour exprimer aussi bien en ces trois endroits les terme de rédempteur de

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