‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 394 sur 522 · LIVRE VI M · texte numérisé non relu

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tous, qu'on avait fait en tous les autres, afin de les prévenir et de leur ôter ce prétexte qui leur était si agréable. Il avoue sur ce sujet que l'événement justifiait qu'on devait avoir cette précaution en cette rencontre; mais il ajoute qu'il y a des prudences et des circonspections que des séculiers auraient en ces matières ecclésiastiques, et que des ecclésiasli(Iiies n'auraient pas, parce que des séculiers n'étant point, ou n'étant que peu informés de l'état de ces questions et de ces disputes touchant la grâce, ils n'agissent que selon la parfaite connaissance des personnes qui la combattent, au lieu que des ecclésiastiques agissent selon la connaissance qu'ils ont des choses contestées ou non contestées; de sorte que comme ce théologien connaissant parfaitement que ces expressions de rédempteur de tous, ou de mort pour tout le monde, qui sont de l'Évangile et de saint Paul, ne sont contestées en façon quelconque par saint Augustin ni par ses disciples, tout le dilîérend ne regardantque le sens et l'explication de ces paroles, laquelle dépend de la doctrine des Pères et de la tradition, il n'avait pas eu la moindre ombre de soupçon en celte rencontre, ni la moindre vue qu'on lui reprocherait qu'il craignait dénommer J.-C. rédempteur de tous. 11 promet sur le sujet de l'explication de ce terme un ouvrage, où l'on traiterait à fond [la chose?], et où l'on ferait voir que cette expression : Dieu créateur de tous n'a pas de limites; mais que J.-C. n'est pas le rédempteur de tous les hommes sans en excepter un seul dans le sens des semipélagiens anciens et nouveaux ; mais seulement dans le sens de saint Augustin, qui nous apprend que la nature est commune à tous les hommes, mais que la grâce ne l'est pas : communis est omnibus natura, non gratia.

Sur la fin de cette lettre, il repousse cette injure du P. Labbe, qui avait écrit avec une extrême insolence : « Que ces petits tourneurs du Porl-Koyal étaient les plus ignorants et les plus malicieux de tous les interprètes, » et qui traitait leur traduction de rimaillerie. Et il fait voir qu'il était honteux à un jésuite qui se piquait de tant d'esprit et de kelles connaissances de mépriser les beaux vers de piété et les hymnes si agréables et si édifiantes de l'Église que les anciens Pères et auteurs ecclésiastiques, saint Ambroise, Prudence, Sédule, Fortunat et autres, auraient estimées et honorées s'ils les avaient vues et entendues en la

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langue où on les avait mises, puisqu'elles n'étaient point moins nobles en ce langage étranger qu'en leur langue naturelle et originelle. Enfin, que sainte Thérèse, saint François de Sales, qui a témoigné dans ses lettres une affection si particulière pour la traduction des psaumes par le sieur des Portes, abbé de Tyron*, M. le cardinal du Perron qui en a traduit lui-même aussi bien que M. Godeau évêque de Vence, avaient eu d'autres sentiments de cet art divin que le P.Labbe, et que les plus illustres auteurs de notre temps avaient rendu des témoignages si publics et si avantageux à ces hymnes, que s'il les rapportait, il y aurait de quoi confondre la malignité de ce jésuite.

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