CHAPITRE XIII
Dissertatiou de M. deLauaoy sur la confession de foi attribuée à Pelage. Déclaration des Dominicains en faveur de saint Augustin. Harangue de M. Du iMoustier contre le P. Cossart, jésuite, qui y réplique. Sermon prêché à Caen par le P. Langlois *, jésuite, contre saint Augustin. Décret rigoureux de l'Université de Paris.
Nous avons vu l'année précédente* l'embarras de M. Morel au sujet d'une confession de foi qu'il attribuait à saint Augustin, quoiqu'elle fût de l'hérésiarque Pelage. M. de Launoy voulut entrer en cette querelle et publia un traité intitulé : Joannis Launoii disserlalio de vero au tore illiuspro' fessionis fidei qux Pelagio, Hieronymo, et Aiiguslino Iribuitur.
L'ordre de Saint-Dominique ne suivait point en ce tempslà les sentiments que le P. Nicolaï lâchait d'inspirer à son général dans la lettre qu'il lui en avait écrite. Car, comme ils avaient été les premiers qui s'étaient opposés généreusement à la naissance des erreurs de Molina, et qui les avaient fait condamner devant deux papes, ils se déclarèrent en cette année pour la doctrine de la grâce dans un de leurs chapitres provinciaux ; et dans leur chapitre général tenu à Rome, l'un de leurs plus fameux théologiens de l'université de Salamanque donna publiquement de grandes louanges au livre de M. l'évéque d'Ypres, en exhortant tous ses confrères à en embrasser la protection. On y soutint des thèses de théologie toutes prises de saint Augustin et de saint Thomas, avec les images de ces grands saints en tête. Et les lettres que Ton reçut de Rome portaient que le général avait ordonné par un mandement exprès à tous les docteurs et prédicateurs de cet ordre, sous peine d'excommunication, d'enseigner et de prêcher la pure et sincère doctrine de saint Augustin.
M. Du Moustier, qui s'était signalé pendant trois ans de rectorat par sa généreuse opposition aux Jésuites, et qui était alors professeur royal en éloquence, entreprit de réfuter par un discours public la harangue que le P. Cossart,
1. Manuscrit et copies s'accordent à écrire Langlois et dan» le corps du chapitre c'est d'Anjou que l'on nomme ce jésuite.