‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 42 sur 522 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

l'ense, et pour réfuter les remarques du jésuite, que l'on croit avoir été le P. Binet. Elle courut manuscrite, mais elle fut depuis imprimée à Paris, l'an 1G34, avec le Chapelet et les remarques.

On en était sur ces termes, lorsque l'on apprit à Paris le jugement que le pape avait rendu du Chapelet, qui était que le Chapelet ne serait ni censuré, ni mis dans l'Expurgatoire; mais qu'il demeurerait supprimé en secret, de peur que les personnes simples n'en abusassent. Aussi n'était-il devenu public que par l'inquiétude et l'animosité de ceux qui en avaient sollicité la censure, lorsque personne n'en parlait plus. On apprit ce jugement du Saint- Siège par une lettre qu'un prélat dont la piété et la doctrine sont connues en France et en Italie, écrivit de Rome plus amplement.

L'affaire était demeurée en cet état en l'an 1633 ; mais, lorsqu'on la croyait terminée, la querelle se renouvela par la publication d'un écrit du P. Seguenot intitulé : Élévation à Jésus-Christ notre Seigneur au Très Saint-Sacrement, contenant divers usages de grâces, sur ses perfections divines.

Il était dressé par articles, et sous les mêmes titres du Chapelet secret. Cette pubUcation alarma tout de nouveau M. de Sens et ceux de son parti, et comme ils crurent trop légèrement que cet ouvrage venait de la même part que le Chapelet secret, ils s'échauffèrent autant que jamais contre les auteurs ou les défenseurs du Chapelet, comme s'ils eussent contrevenu publiquement à l'ordonnance du Saint-

On mit en lumière sur ce sujet, un ouvrage intitulé : Examen d'une apologie qui a été faite pour servir de défense à un petit Livre intitulé : Le Chapelet secret du Saint- Sacrement, et -pour réfuter quelques remarques qui avaient été faites sur le dit Chapelet. Mais cet écrit ne demeura pas longtemps sans réplique, et M. l'abbé de Saint-Cyran le repoussa par un ouvrage qui porte pour titre : Réfutation d'un examen naguère publié contre la réponse faite aux remarques d'un théologien contre le Chapelet secret du Saint- Sacrement.

L'affaire en demeurera là jusqu'en l'année 1634; mais un an après^ la dispute ayant recommencé de nouveau, un jésuite publia encore un écrit sous ce titre : Discussion

sommaire d'un livre intitulé : Le Chapelet secret du Saint- Sacrement etc. y et de ce qui a été écrit pour en défendre la doctrine. Et comme l'auteur de cet ouvrage prétendait dans sa préface que la rupture venait de la part de M. de Langres et dessiens^ pour avoir publié les premiers un écrit secret défendu par le Saint-Siège, M. de Saint-Cyran lui répondit tout de nouveau. Mais l'écrit du jésuite eut si peu de cours que la querelle s'assoupissant d'elle-même, on ne se mit pas en peine de publier cette réplique.

C'est ainsi que finit alors cette longue contestation qui était née d'une occasion si légère et si peu considérable. Nfais les jésuites, qui savent combien ces faits sont embrouillés et connus de peu de personnes, n'ont pas manqué de temps en temps d'en renouveler la mémoire dans leurs livres, pour flétrir la réputation de M. de Saint-Cyran dont Dieu se servit en cette rencontre, non seulement pour défendre l'innocence de la Mère Agnès qui l'en remercia avec toutes les marques d'une sincère reconnaissance, par une lettre écrite de Dijon du 7 mai 1634', mais aussi pour entrer dans la conduite de ces religieuses, comme il fit avec une bénédiction dont elles recueillent encore les fruits.

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