LIVRE l
l'esprit d'une maison destinée au culte du Saint-Sacrement. Mais on laissait dire le monde et on s'efforçait de plus en plus à s'avancer dans la solide piélé^ et Dieu versait ses bénédictions et ses grâces sur cette maison. M"»* de Ligny, sœur de feu M. le chancelier Séguier', en fut agréablement surprise et tout à fait édifiée, lorsqu'au retour d'un voyage qu'elle avait fait à la campagne, elle trouva un si heureux changement, et particulièrement en la personne de sa fille, la sœur Magdeleine de Sainte-Agnès, qui étant jeune et délicate, ne respirait plus depuis son renouvellement que l'humilité, et n'aimait rien que la pauvreté et la mortification. Comme cette dame, qui entrait dans la maison en qualité de bienfaitrice, était témoin par ses propres yeux de la solide piété qui y régnait, elle ne se mettait pas en peine de tous les bruits désavantageux que Ton répandait dans la ville contre ce nouveau monastère. Dans la chaleur même de la plus grande tempête que l'on y avait excitée au sujet du Chapelet secret, sur ce qu'on lui avait rapporté que quelques personnes de grande considération trouvaient fort étrange qu'étant une personne aussi sage qu'elle avait la réputation de l'être*, elle laissât encore sa fille dans une maison aussi décriée que l'était celle du Saint-Sacrement, elle fit réponse que s'il ne suffisait pas pour témoigner l'estime qu'elle faisait de la Mère Angélique et de la conduite de cette maison d'y laisser sa fille, elle y entrerait ellemême, et en effet il n'y eut que sa prompte mort qui l'empêcha de s'y retirer pour le reste de sa vie.