‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 70 sur 522 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

l'assurât de son salut. Ce docteur crut avoir assez de {lumière, et eut assez de confiance pour lui donner cette satisfaction, et M. le cardinal de Richelieu porta toujours, jusqu'à sa mort, ce papier sur lui, pour se mettre à couvert de la colère de Dieu et des traits de sa justice sous ce bouclier impénétrable. Sur quoi il est malaisé de dire ce que l'on doit le plus admirer dans ces deux hommes, ou la hardiesse de celui qui voulait bien répondre du bon état d'une conscience si justement tourmentée, ou la tranquillité de celui qui voulait bien se contenter d'une telle caution. Quoi qu'il en soit, il croyait que c'était le désespérer que de lui faire voir l'insuffisance de cette attrition qui paraissait assez naturelle en sa personne; mais sa hardiesse lui était si suspecte à lui-même que l'un de ses plus grands soins, après la mort de ce cardinal, fut de se saisir de ce papier. Comme il dominait dans la Faculté de Théologie et dans la maison de Sorbonne dont il était proviseur et qu'il venait de faire rebâtir^ le livre du P. Séguenot n'ayant été achevé d'imprimer que le 15 de mars 1638, il en fît proposer la censure par M. Chapelas*, docteur et syndic de la même Faculté, dans l'assemblée ordinaire, dès le 3 mai suivant, parce qu'il avait même prévenu Sa Majesté, lui en faisant une affaire de conscience qui ne souffrait pas de retardement. On le nomma dans cette assemblée pour examiner le livre avec le doyen et le syndic, pour en faire leur rapport dans la prochaine assemblée.

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