LIVRE l
le procès verbal qu'il en usait ainsi pour trois raisons : la première, parce que s'agissant de la foi, l'Apôtre lui commandait d'être prêt à répondre à quiconque l'interrogerait sur sa foi ; la seconde, parce que le Fils de Dieu, après avoir dit qu'il n'était point obligé à payer le tribut, a voulu faire une action extraordinaire pour avoir de quoi le payer, afin de ne point donner de scandale' au monde; la troisième, parce qu'il avait embrassé volontiers cette occasion pour faire voir combien il est attaché à l'Église, et prêt de se soumettre à son autorité, protestant être prêt de répondre par-devant M. Lescotsans néanmoins déroger aux privilèges ecclésiastiques, ni àlarévérence qu'il porteaux saints canons.
Il a plu aux jésuites de ne publier qu'un seul article de cet interrogatoire, qui regarde M. Vincent de Paul, supérieur de la Mission, dans un entretien que M. de Saint-Cyran avait eu avec lui, et la reconnaissance d'une lettre qu'il avoua lui avoir écrite le 20 avril 1637; mais ils auraient peut-être mieux fait de supprimer cet article, ainsi qu'ils ont fait des autres, n'y ayant rien de plus étrange que d'y lire qu'on ait voulu faire un crime à cet abbé d'une parole de saint Augustin touchant la pénitence des mourants, puisqu'elle se prêche en toutes sortes d'occasions dans les chaires évangéliques.
Dieu a permis néanmoins que l'on ait eu de quoi suppléer à ce défaut, et quelque resserré que M. de Saint-Cyran fiU alors dans cette prison, sans encre et sans plume, il écrivit avec un crayon une partie de ce qui s'était passé entre lui et M. Lescot qui sans doute n'avait nul sujet de lui reprocher son ignorance par des bruits qu'il répandit dans le monde ensuite de cet interrogatoire.
On a cru que cet écrit de M. de Saint-Cyran, qui est demeuré secret jusqu'ici, pouvait trouver sa place en ce lieu, étant capable d'éclaircir quantité de choses touchant un homme de grand mérite, très injustement accusé; voici ce qu'il contient :
« Vous savez que je ne ressens point les injures, mais que je ressens beaucoup les mauvaises raisons, etc.' »
i. Ms. : « sujet de scandale. »
2. Ms. : Il faut copier tout cet écrit. Malgré de longues recherches, il n'a pas été possible de retrouver cette lettre de Saint-Cyran, qui ne t 7
Un homme qui écrit ainsi dans sa prison, avec tant de discernement et de lumière, sans aucun secours de ses livres, passera difficilement pour ignorant dans l'esprit de ceux qui sont établis sur les principes de la véritable théologie. Mais il est difficile que Ton ne plaigne celui qui, n'étant pas touché de tant de réponses si solides, méprisait sans aucun sujet ce qui se lira sans doute avec respect par tous ceux dont la vue ne sera pas obscurcie par les nuages, ou des préjugés injustes, ou des passions secrètes.