CHAPITRE XXIIl
Occupations siintes de M. de Saiot-Cyrau dans sa prison. 11 y écrit un très grandi nombre de lettres. Son innocence est reconnue par toutes sortes de personnes.
Si M. de Saint-Cyran eût été faible et léger comme la paille, le feu de celte persécution l'eût réduit en cendres. Mais ce fut pour lui une fournaise qui ne servit qu'à le purifier, et à le rendre plus éclatant, comme un or très précieux. Et comme saint Paul l'a dit d'Onésime, qu'il l'avait engendré dans ses liens, jamais la fécondité spirituelle de ce serviteur de Dieu ne fut plus grande que dans le temps d'une si longue et si dure captivité. Quoiqu'il fût resserré étroitement les six premiers mois, dans le donjon du bois de Vincennes, la parole de Dieu ne fut point liée avec lui. Il écrivit avec du crayon un très grand nombre de lettres* dont quelques-unes ont été imprimées en deux tomes depuis sa mort, et chacun sait quel fruit extraordinaire elles ont fait et font encore tous les jours dans l'Église, pour la conversion des pécheurs, pour l'avancement des justes et pour l'édification de tous les fidèles. Les laïques y apprennent à ne pas juger l'excellence de la religion chrétienne par cette idée basse et toute charnelle qu'en ont formée ceux qui croient pouvoir impunément mener une vie plus digne de païens baptisés que de l'auguste qualité d'enfants de
paraît pas avoir été imprimée, soit dans les premières éditions, soit dans les suppléments de 1744 (2 vol. in-i2),
1. On peut voir l'autographe d'une de ces lettres au crayon dans les vitrines du musée de Port-Royal des Chamfts.