‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 102 sur 412 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

le 21 du dit mois, ils avaient présenté requête au Parlement le 24 pour être reçus pour appelants, sur laquelle requête était intervenu arrêt le 7 août suivant, par lequel la cour les a reçus appelants comme d'abus, et ordonné que les choses demeureraient cependant en l'état auquel elles étaient avant le dit statut.

Qu'il avait jugé à propos d'informer la compagnie de cette affaire comme étant connexe et dépendante de celle qui venait d'être résolue par l'Assemblée, laquelle ayant considéré que ce statut du chapitre de Beauvais était conforme à la délibération de l'Assemblée du 28 mars 1654 et au bref de Sa Sainteté du 29 septembre suivant, reçu par une autre assemblée tenue le 10 mai 1655, résolut d'écrire à M. l'évéque de Beauvais de faire promptement publier dans son diocèse ce bref du 29 septembre 1654, et d'obliger tous ses ecclésiastiques d'y souscrire, afin d'ôter aux opposants tout prétexte de blâmer le statut du chapitre d'aucun défaut de publication solennelle de ce bref.

M. de Toulouse fut prié de dresser la lettre, et messieurs les secrétaires eurent ordre de la faire tenir par exprès à M. de Beauvais, et de lui envoyer une copie de ce bref coUationnée à l'original.

M. de Châlons remontra que ce statut ayant été fait en conséquence de plusieurs entreprises que le chapitre de Beauvais avait faites sur l'autorité et la juridiction de M. l'évéque de Beauvais, l'Assemblée le devait regarder comme une suite de ces entreprises et le mépriser. Mais M. Poncet prétendit que ce prélat faisait une diversion, et ce fut x\i. de Châlons lui-même qui dit le lendemain à M. Taignier, docteur, qu'ayant soutenu son avis avec chaleur, l'Assemblée n'avait fait ni délibération, ni conclusion sur cette proposition de son promoteur. Cependant le procès-verbal porte le contraire, et la chose fut exécutée selon l'intention de M. Poncet, l'Assemblée ayant écrit à M. de Beauvais pour la publication du bref.

M. Chaillou et M. Ciausse, son associé dans celte députation contre son évêque et ses confrères, en atlendaieut le résultat ; MM. de Rennes et de Rodez en sortirent tout riants de ce que l'aflaire s'était passée à leur gré, sans nulle contradiction, et après avoir dit avec joie au Père Annal, qui les attendait, qu'ils avaient la signature de tous, ils s'en

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retournèrent à la cour comblés de gloire de cette belle expédition.

On sut ce jour-là que M. l'évêque de Mirepoix avait pro-^ posé qu'il fallait que l'assemblée travaillât à changer les directeurs de Port-Royal ; mais que son frère, archevêque de Bourges, lui avait répondu qu'il ne ferait nul cas de lui tant qu'il se laisserait gouverner par les Jésuites,

On apprit aussi qu'il y avait du mystère dans cette délibération si éclatante, et que la reine n'ayant proposé à M. le cardinal Mazarin que des lettres de cachet pour faire réussir cette entreprise, il lui avait répondu qu'il fallait envoyer des évêques à l'Assemblée, et que cela faisait les affaires auprès du pape. Il savait la disposition de Sa Sainteté à regard du cardinal de Retz, qu'elle avait comme abandonné, [et] il ne jugeait nullement à propos de s'endormir dans une conjoncture si favorable.

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