‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 125 sur 412 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

20 du dit mois d'avril, portant qu'il estimait que la guérison de la dite damoiselle Périer, qu'il avait visitée, était extraordinaire et miraculeuse. — Ordonnance du 24 mai, rendue par messire André du Saussay, évêque de Toul, alors vicaire général de mon dit seigneur le cardinal de Retz, portant qu'il serait incessamment informé par lui des faits contenus dans la dite requête et outre que le dit promoteur baillerait par interdit, et qu'à cette fin il se transporterait dans le dit monastère pour y ouïr la dite Périer, les religieuses et pensionnaires qui pourraient en avoir connaissance. Et qu'à la diligence du dit promoteur, les dits médecins et chirurgiens et autres témoins qu'il voudrait seraient assignés pour être ouïs sur les dits faits, pour la dite information faite, être ordonné ce que de raison. Faits fournis par le dit promoteur et par lui signés. Interrogatoire pris et reçu par le dit sieur du Saussay, le 30 du dit mois de mai, dans le dit monastère de Port-Royal, et de la dite damoiselle Marguerite Périer, Information faite par le dit sieur du Saussay les 8, 9 et 12 juin dernier, contenant l'audition de vingt-cinq témoins qui étaient, le père, la sœur, l'oncle et la tante de la dite damoiselle Périer, les dits médecins et chirurgiens ci-devant nommés, et plusieurs religieuses et pensionnaires du dit monastère de Port-Royal. — Lettre missive représentée par le dit sieur Périer père, lors de sa déposition, datée à Port-Royal le 24 mars 1656, signée sœur Euphémie*, religieuse, souscrite à M'i« Périer sa sœur, que l'œil de la dite Marguerite, sa fille, était fort mal et qu'il ne fallait pas manquer de faire l'opération au printemps. — Autres certificats du sieur Félix,maître et premier chirurgien du roi et du sieur Moussaint^ docteur en médecine et médecin ordinaire du roi, par lesquels ils certifiaient avoir visité la dite Périer, et trouvaient qu'elle était si parfaitement guérie qu'ils étaient obligés de confesser que cette guérison n'avait pu être faite que par une voie extraordinaire, par une grâce toute particulière de Notre Seigneur, et par miracle. — Autre requête du promoteur du 14 octobre, tendant à ce que les dites informations lui fussent mises ès-mains, pour prendre telles conclusions qu'il aviserait. Son ordonnance de curé de

1. Jacqueline Pascal (1623-1661) fit profession à Port-Royal sous h nom de sœur de sainte Euphémie.

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Saint-Séverin et grand vicaire, du même jour, portant que les dites informations seraient communiquées au dit promoteur. — Autre ordonnance rendue par lui grand-vicaire, portant qu'attendu le long temps que la dite information était faite, la dite Marguerite Périer serait de nouveau vue et visitée en sa présence par les sieurs Ménard et Le Large, chirurgiens nommés d'office. Son procès-verbal du 17 du mois d'octobre, contenant qu'en sa présence maîtres Jean Ménard et Jacques Le Large, chirurgiens à Paris, après le serment par eux fait, avaient vu et visité la dite damoiselle Marguerite Périer, dans la maison de Port-Royal, en plein jour, et autant de temps qu'ils avaient voulu ; tant par l'œil, le nez que la bouche et le palais, qu'ils avaient trouvés en leur naturel, sans apparence d'y avoir jamais eu aucun mal. C'est pourquoi ils la croyaient entièrement guérie, et plus parfaitement même que si elle avait été traitée parles remèdes ordinaires et artificiels, et croyant en leurs consciences cette guérison surnaturelle et miraculeuse. Après laquelle visite et rapport, il aurait ordonné que le tout serait communiqué au dit promoteur. Conclusions définitives baillées par écrit par le dit promoteur auquel le tout avait été communiqué pour l'intérêt public, datées du 18 octobre, signé Du Moncel. Et qu'après avoir appelé vénérables et discrètes personnes maître Jean Rousse, prêtre, docteur en théologie de la maison de Sorbonne, curé de l'église paroissiale de Saint-Roch à Paris ; Nicolas Porcher, prêtre, docteur en théologie de la dite maison de Sorbonne, et vice-gérant en l'officialité de Paris; Pierre Marlin, prêtre, docteur en théologie de la Faculté de Navarre et curé de l'église paroissiale de Saint-Eustache de Paris, et Thomas Fortin, aussi prêtre, docteur en théologie de la Faculté de Paris et curé de Saint-Christophe en la cité de Paris, lesquels avaient avec lui très exactement vu et examiné toutes les dites pièces. Tout considéré, après avoir invoqué sur ce le saint nom de Dieu, lui vicaire général susdit, de l'autorité de mon dit seigneur le cardinal de Retz, archevêque de Paris, et par l'avis des dits sieurs docteurs, avait déclaré et déclarait par ces présentes qu'il était pleinement vérifié parles dites informations, interrogatoires et certificats, que la dite damoiselle Marguerite Périer, qui était malade depuis trois ans et demi d'un segilops ou fistule lacrymale,

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