CHAPITRE XXII
Suite des délibérations sur l'affaire de M. le cardiaal de Retz. Le clergé donne une seconde audience à M. le curé de Saint-Roch. M. de Beauvais répond aux lettres de l'Assemblée.
Le vendredi 27 octobre, on résolut dans l'Assemblée du clergé d'écrire à M. le cardinal de Retz, sous le bon plaisir du roi, pour lui faire entendre ce que l'Assemblée avait obtenu de la piété et de la bonté de Sa Majesté pour l'établissement de sa juridiction spirituelle dans l'archevêché de Paris. Et que, comme elle avait jugé à propos de s'employer afin de l'établir, elle jugeait aussi qu'il était juste qu'elle fût exercée par des personnes agréables au roi, prises du nombre de celles que SaMajesté avait proposées, parmi lesquelles l'Assemblée le priait de nommer quelqu'un et de lui donner son vicariat, afin de pourvoir sûrement au régime spirituel du diocèse de Paris, et qu'après cela les offices qu'il avait désirés de la compagnie lui fussent rendus plus utilement; et qu'elle le priait de tenir une conduite pleine de modération et de respect envers Sa Majesté, qui ne pût causer aucun trouble dans Paris.
M. le cardinal Mazarin devait être aussi satisfait de ce résultat que s'il l'eût dicté lui-même à une Assemblée qu'il avait accoutumée insensiblement aux complaisances basses et serviles ; mais quoiqu'il en fût satisfait parce que ses ordres secrets étaient fidèlement exécutés, il n'avait néanmoins que du mépris pour ceux qui défendaient si mal les droits de l'Église, et il leur en donnait assez de marques par l'inexécution de la parole qu'il leur avait donnée à son retour, [d'assister] à leurs délibérations.
Ayant fait ensuite entrer dans l'Assemblée MM. les curés de Saint-Roch^ de Saint-Paul, des Saints-Innocents et de Saint-Eustache, M. le curé de Saint-Roch dit que M. le doyen de Poitiers, agent, lui avait demandé un extrait sommaire de ce qu'il avait dit à la compagnie le 13 de ce mois, contenant les soumissions par lui faites sur le sujet de la lettre circulaire écrite par MM. les curés de Paris à tous les autres curés de ce royaume; qu'il avait différé d'exécuter cet ordre jusqu'à ce que l'on eût confirmé dans une assem-