LIVRE XV
blée de tous les- curés de Paris ce qu'il avait dit de son chef; qu'ils venaient, avec ordre exprès de renouveler les mêmes protestations, apporter cet extrait dans lequel la compagnie verrait leurs véritables et sincères soumissions, et combien ils étaient éloignés de faire aucune union ou ligue avec les curés des autres diocèses sous la dépendance de messeigneurs leurs évéques, particulièrement touchant la doctrine, puisqu'ils reconnaissaient par cet écrit que messeigneurs les évêques étaient les seuls juges, et que c'était d'eux seuls que les curés étaient obligés d'en rechercher la décision, tant pour ce qui regardait la foi que les mœurs. Et pour confirmer ce qu'il avait avancé, qu'ils étaient prêts de révoquer la lettre circulaire par une seconde adressée aux curés des autres diocèses, il en mit une sur le bureau qu'il soumit au jugement de l'Assemblée, avec deux requêtes de MM les curés de Paris ; la première présentée à M . de Hodencq, vicaire général de M. le cardinal de Retz, au bas de laquelle était le renvoi à l'Assemblée, et la seconde qu'ils lui présentaient en conséquence de ce renvoi*.
Et quant à ce qui regardait le livre de l'Anonyme,, M. le curé de Saint-Roch dit qu'il avait charge expresse de remercier l'Assemblée de ce qu'elle avait eu la bonté d'ordonner que les extraits des propositions tirées des livres de l'Anonyme et du Père Bagot leur seraient communiqués, et de remercier aussi messeigneurs les commissaires de la peine qu'ils avaient prise de le faire, et particulièrement M^"" l'évêque de Montauban d'en avoir fait un rapport très docte et très fidèle, dont ils avaient appris que la compagnie était demeurée très satisfaite; que bien que le livre de l'Anonyme n'eût pas été composé par leur ordre, néanmoins comme il contenait une doctrine qui les regardait, ils avaient cru devoir donner interprétation aux onze propositions que l'on en avait extraites, laquelle il remit sur le bureau avec protestation d'y ajouter, rayer et changer tout ce que la compagnie ordonnerait.
M. de Narbonne, qui présidait à cette Assemblée, leur répondit que la compagnie connaissait très bien le respect qu'ils avaient toujours eu pour messeigneurs les évêques,
1. Elles se trouvent dans le livre intitulé : Avis de MM. les curés de Paris à MM. les curés des autres diocèses de France, imprimé cette année 1656. Note du ms.
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et qu'elle ferait réflexion sur les actes qu'ils lui avaient présentés ; qu'il était obligé de leur dire que l'Assemblée avait été surprise de ce qu'on lui avait rapporté qu'au préjudice de la parole qu'il lui avait donnée le 13 de ce mois de ne plus envoyer dans les diocèses leur lettre circulaire, les curés des diocèses voisins en avaient reçu depuis quatre jours. Sur quoi M. de Saint-Roch affirma sur les saints ordres que depuis ce temps-là il n'avait envoyé aucune lettre, et qu'il fallait que celles qui avaient été reçues depuis quatre jours eussent été envoyées auparavant.
Dans les derniers jours de ce même mois, on lut dans la même Assemblée générale du clergé de France la réponse que M. l'évêque de Beauvais avait faite à la lettre qu'elle lui avait écrite, et qu'elle avait affecté de lui envoyer par l'un de ses députés du second ordre. Comme ce député avait eu quelques affaires particulières qui l'avaient arrêté en chemin, M. de Beauvais ne la reçut que fort tard, et il en adressa la réponse à M. l'archevêque (sic) de Ghâlons, qui la rendit à la compagnie. Quoique cette réponse fût accompagnée de modération et de respect pour les évêques, elle ne laissait pas d'être écrite avec une vigueur épiscopale, et de contenir quelques plaintes de ce que ceux qui devaient soutenir la juridiction de ce prélat contre les entreprises de son chapitre autorisaient le soulèvement de son chapitre contre lui, et elle finissait par des protestations de maintenir de tout son pouvoir son autorité et les droits de l'épiscopat, en s'abandonnant pour l'événement aux ordres de la Providence.
Plusieurs de ceux qui composaient cette Assemblée, n'étant nullement satisfaits de cette réponse, en témoignèrent leur indignation, et M. l'évêque de Meaux demanda que l'on fît entrer M. Chaillou, doyen de Beauvais ; mais M. l'archevêque de Sens s'étant écrié sur une proposition si contraire à la cause de l'épiscopat, M. de Meaux demeura sans répartie. M. l'évêque de Chalon-sur-Saône, poussant la chose plus avant, dit qu'après cela il fallait que la compagnie se séparât de communion d'avec M. de Beauvais. Mais M. de Sens s'éleva vigoureusement pour réprimer cette proposition schismatique. M. l'évêque de Vannes voulut soutenir M. de Chalon-sur-Saône; mais M. de Sens le repoussa et lui demanda si l'Assemblée était un concile