‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 137 sur 412 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

demanda ses prières avec un profond respect pour l'heureux succès de son sacre qu'il ne pouvait plus différer. M. de Narbonne eut raison de le remercier comme il fit de la satisfaction que tout le clergé avait de ses services ; mais le clergé n'eut pas raison d'en demeurer là après une ouverture si avantageuse, et de ne pas opiner sur une affaire de cette importance.

Le lundi 14, M. l'abbé Poncet, promoteur, dit que la compagnie ayant examiné dans les séances pi-écédentes ce qui était expédient de faire touchant la lettre que le roi avait écrite sur le sujet de M. le cardinal de Retz, il ne restait qu'à terminer l'affaire par une délibération des provinces, de l'avis desquelles : Vu la dite lettre du roi portant que pour les causes y contenues, Sa Majesté avait résolu de faire que le procès de ce cardinal fût instruit et jugé incessamment par les voies sur ce requises, et qui ne pouvaient blesser ce qui était dû au Saint-Sîège ni contrevenir aux libertés de l'Église gallicane, et cependant que les fruits et revenus temporels de l'archevêché de Paris et des abbayes dont le dit cardinal de Retz était titulaire demeurassent saisis jusqu'à ce qu'il en eût été autrement ordonné, en jugeant le procès: il fut résolu que Sa Majesté serait très humblement suppliée de procurer que l'affaire fût entièrement terminée dans six mois par des juges ecclésiastiques, en commençant à faire droit, ainsi qu'il appartiendrait par raison, sur la saisie des revenus, tant de l'archevêché de Paris faite par droit de régale, que des abbayes. Et en cas que l'affaire trainàt en plus grande longueur, il fut arrêté que mes-ieurs les agents feraient auprès du roi les offices et poursuites nécessaires pour faire régler ce qui pourrait regarder les intérêts de M. le cardinal de Relz, suivant le droit et par les constitutions canoniques,- les immunités et privilèges des évêques et de l'Église gallicane.

Il était étrange que l'on eût différé depuis tant d'années à parler de ce procès dans les formes; mais les moins éclairés s'apercevaient que ce n'était qu'une défaite pour empêcher les instances de la restitution des fruits de ce cardinal disgracié, et la suite fit assez voir que l'on n'avait point eu d'autres vues.

Le mercredi 16 novembre, M. l'archevêque de Narbonne ayant dit que la compagnie avait remis à voir la lettre de

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M. le cardinal de Relz après qu'elle aurait opiné sur celle qu'elle avait reçue de la part du roi, et que Sa Majesté avait témoigné qu'elle souhaitait que la province de Paris en fit l'ouverture, il fut résolu qu'elle serait mise entre les mains de M. de Meaux et de MM. Edeline et Le Moine, députés de la dite province, qui se retirèrent pour en faire la lecture, et elle fut insérée dans le procès-verbal après qu'ils eurent témoigné qu'elle ne contenait que des choses purement spirituelles.

11 mandait à l'Assemblée qu'il venait d'apprendre leur dernière délibération et qu'ils désiraient que par de nouvelles preuves de son respect et de sa soumission aux volontés du roi, il donnât plus de facilité à leurs offices d'obtenir de sa bonté et de sa justice le repos de l'église de Paris et la jouissance des revenus de son archevêché et de ses abbayes; que c'avait toujours été son dessein, et que ce lui était encore beaucoup de satisfaction en cette rencontre de leur témoigner une déférence parfaite, et de pouvoir suivre sans délai leurs mouvements ; qu'ainsi il ne s'arrêtait point à leur remettre devant les yeux ses longues souffrances et la modération avec laquelle il les avait portées ; qu'il ne leur parlerait point de l'union inviolable qui devait être entre tous les évêques pour les intérêts de leur commune dignité, et de ce qu'il attendait de leur bonté après avoir suivi lejjrs conseils, et qu'il s'était donné l'honneur de leur écrire il y avait près d'un an qu'il ne voulait pas même entrer en connaissance de leurs mesures et de leurs moyens pour parvenir à la fin qu'ils s'étaient proposée ; qu'il se rapportait avec joie à ce que ferait leur prudence et leur zèle en faveur de l'Église et pour les choses qui le regardaient; qu'il les suppliait seulement de considérer que c'était sur la foi de leurs résolutions qu'il réglait sa conduite, et dans leur confiance qu'il déposait ses intérêts; et qu'il croirait avoir des pensées indignes de leur générosité et du rang qu'ils tenaient, s'il doutait de l'utilité et de l'efficacité de leur entremise ; qu'il faisait tout ce qui dépendait de lui en nommant pour grands-vicaires M. le doyen, qui lui avait toujours été proposé par ordre du roi, et M. le curé de Saint-Séverin, qui avait eu l'honneur de recevoir leur approbation; et qu'il leur protestait encore, comme il avait fait plusieurs fois, qu'il ne demandait que l'ordre et la paix;

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