‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 150 sur 412 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

[Excès du P. de la Barre, jésuite, et de M. Colombel, curé de Saint- Germain-l'Auxerrois. — Mort de M°>« Mancini. — Délibératiou de l'Assemblée du clergé au sujet du P. Bagot et des curés de Paris.

— M. de Sens demande la protection de l'Assemblée contre les jésuites de son diocèse. — M. le cardinal Mazaria va à l'Assemblée.

— Maladie du pape.]

Les ennemis de la doctrine de la grâce ne furent pas plus modérés au commencement de l'année 1657 qu'ils l'avaient été les précédentes, et ce qui se passait à Rome et dans l'Assemblée du clergé leur enflait tellement le cœur qu'ils ne pouvaient retenir l'impétuosité et l'amertume de leur faux zèle ni en public ni en particulier.

Le premier jour de cette année le Père de La Barre, jésuite*, prêchant dans l'église collégiale de Saint-Honoré, s'emporta à de si grands excès contre les disciples de Saint- Augustin qu'il excita l'indignation de toutes les personnes équitables qui en furent les témoins. Il les traita d'hérétiques abominables condamnés par l'Église; qui disaient que J.-C. n'était pas mort pour tous Içs hommes, qu'il n'y avait point de liberté, que les commandements de Dieu étaient impossibles, etc. ; et leur reprocha en s'adressant à eux le tort qu'ils avaient d'attaquer leur compagnie et de la vouloir décrier par leurs libelles infâmes dont ils remplissaient le monde, quoique tout le crime des jésuites fût d'avoir découvert leur hérésie et de l'avoir fait condamner.

Ce jour là même, une fille d'un nommé M. Cuvilliers, renoueur*, étant sur le point d'entrer dans le monastère de Port Royal pour s'y consacrer à Dieu, voulut rendre à M. Colombel, curé de Saint-Germain de l'Auxerrois, le res-

Page 1