‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 151 sur 412 · Jean-Baptiste delà Barre, jésuite · texte numérisé non relu

Jean-Baptiste delà Barre, jésuite

2. On dirait aujourd'hui rebouleur ; on disait aussi rhahilleur.

pect qu'une fidèle paroissienne croit devoir rendre à son pasteur en de semblables occasions, et alla prendre congé de lui en lui demandant sa bénédiction pour obtenir du ciel le succès d'une affaire de cette importance. Mais elle s'adressait à une personne trop prévenue contre le monastère où elle avait dessein d'entrer pour pouvoir prétendre qu'il approuvât son dessein ; il fit au contraire tout ce qu'il put pour l'en détourner, et décria les directeurs de la maison où elle voulait entrer comme des gens condamnés et hérétiques, disant qu'il viendrait bientôt de Rome un formulaire ou profession de foi qui les ferait encore reconnaître pour tels qu'il les lui représentait. Elle ne fut pas néanmoins capable de concevoir une si mauvaise opinion contre des personnes dont elle connaissait la pureté de la foi et l'innocence ; et quoiqu'il lui représentât qu'elle attendît au moins jusqu'à ce temps là, elle ne crut pas devoir différer son entrée dans la maison de Port-Royal, où Dieu lui a fait la grâce de faire ses vœux *.

Le 2'"'= jour du même mois, M. Périer écrivit de sa ville de Clermont en Auvergne, où il était retourné, qu'un jésuite de Montferrand avait dit depuis peu de jours à un conseiller de ses amis, que c'était un démon qui était l'auteur des Petites Lettres.

[Ce même jour, l'Assemblée générale du clergé exécuta la résolution qu'elle avait prise de députer vers M. le cardinal Mazarin pour lui témoigner la part qu'elle prenait à la juste douleur [qu'il] avait reçue de la perte de cette dame*, dont la vertu et le mérite la faisaient regretter de tout le monde. Cette délibération s'était faite sur la proposition de M. l'abbé de Bonzi, promoteur, qui avait représenté qu'en 1635, M-"^ la maréchale de Brézé, sœur de M. le cardinal de Richelieu, étant morte, l'Assemblée avait fait un service solennel dans l'église des Augustins pour le repos de son âme, avec une oraison funèbre. Qu'il estimait que la compagnie pouvait suivre cet exemple, puisque S. E. occupait très dignement dans l'Église, dans l'État et dans l'Assemblée du clergé la même place et le même rang que M. le

1. La demoiselle Cuvilliera prit le nom de sœur Marie Nicole de Saiute-Eugéuie.

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