LIVRE XVI
cardinal de Richelieu, et qu'elle ne témoignait pas moins de zèle et de chaleur pour les intérêts du clergé, voulant même enchérir par dessus lorsque les affaires le permettaient. M. le cardinal Mazarin, après les avoir remerciés, demanda si dans cette rencontre d'honneur il fallait qu'il fît quelque chose de son côté pour son service. Mais on l'assura qu'il ne lui en coûterait rien, et que l'Assemblée [ferait le] service à ses dépens, ce qui ne lui fut pas désagréable *.]
Celte Assemblée paraissait bien disposée en ce temps-là pour condamner la morale des Jésuites; et pour ne pas demeurer dans des termes généraux, elle avait fait déjà distribuer à plusieurs de ses députés les propositions dont les curés avaient demandé la censure par leur premier Avis et par la suite de leurs Extraits. On a encore la copie de cette distribution, qui fut faite à M*^' Tarchevêque de Toulouse et à MM. les évêques de Montauban, de Châlons, de Vannes, d'Aire, de Coutances, et à MM. Le Moyne, Tabbé de Nesmond, l'abbé de Bertier, du Moulin, de Giron*, de Sainte Aphrosie et Duchêne.
Le 3""® jour de janvier, M. l'abbé de Pontchâteau', étant allé aux Chartreux, sut de dom Boisart* que M. Le Breton, qui avait autrefois été jésuite, l'était venu voir après avoir composé un écrit contre les miracles ; mais que l'ayant entretenu sur la manière dont ce chartreux avait été guéri par la vertu de la Sainte Épine, il rencontra à son retour deux jésuites à qui il conta toute l'histoire, et alla ensuite brûler son écrit en présence d'un des amis de dom Ferault, religieux du même ordre, qui le lui avait rarpporté après avoir été témoin de cette action de justice.
1. Le passage depuis -.Ce même Jour est barreau ms. parce qu'il y a erreur de date. Ou Va voir en effet que le 8 janvier, M»* Manciui, dont il est ici question, n'était pas encore morte ; elle mourut sans doute le 9 janvier, c'est à dire sept jours plus tard. Le passage est assez curieux pour mériter d'être conservé.
2. Gabriel de Giron, chancelier de l'église et de l'Université de Toulouse, fut, avec Mme de Mondonville, fondateur de l'Institut des Filles de l'Enfance dont la destinée eut de si grandes analogies avec celle de Port-Royal. L'abbé de Giron mourut vers 1680.
3. Sébastien-Joseph du Cambout de Pontchâteau (1634-1690), possesseur de plusieurs abbayes, se démit de tous ses bénéûces en 1665 pour se retirer à Port-Royal des Ghamps où il vécut dans la plus austère pénitence.