‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 18 sur 412 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Intrigues de M. Amyot contre quelques docteurs prêtres de la communauté de M. Duhamel, son collègue ; il obtient contre eux une sentence de M. rofflçial pour leur défendre de faire aucune fonction dans Saint-Merry.

Nous avons déjà rapporté la manière extravagante avec laquelle M. Amyot, curé de Saint-Merry, avait parlé dans le prône de sa paroisse depuis la censure de la Faculté contre la Lettre de M. Arnauld i. Ce bon docteur, qui avait chassé par ses intrigues M. Duhamel son confrère, avait l'esprit trop inquiet et trop violent pour demeurer en si beau chemin. Les docteurs qui étaient restés dans la communauté de son collègue continuaient toujours à y entendre les confessions, à y prêcher et à y tenir la place de celui sous l'autorité duquel ils agissaient. M. Amyot, qui jusqu'à ce temps-là ne les avait soufferts qu'avec peine, leur fit défense, le 17 mars au matin, de faire aucune fonction dans sa paroisse. Et comme ils ne furent point assez soumis à ses ordres pour y déférer, il les fit assigner pour comparaître le lendemain devant M. l'offîcial de Paris, dans l'audience qu'il lui donnerait, comme il s'y était engagé en signant une ordonnance sur sa requête.

Le jeudi 18, ils comparurent à cette audience, et M. Amyot les y accusa de plusieurs choses ; 1° de faire un corps de communauté ; 2« de communier à leurs messes des femmes et des filles qui se mettaient, disait-il, autour de l'autel comme des carpes sont arrangées autour d'un baquet ; 3" de ce qu'ils n'avaient pas souscrit la censure contre M. Arnauld ; 4<' de ce qu'ils ne le reconnaissaient pas en qualité de seul et unique curé de Saint-Merry, M. Duhamel étant mort civilement. Ils répondirent à ces quatre chefs d'accusation d'une manière très solide, de sorte que M. Amyot, leur accusateur, ne pouvant faire de réplique, M. l'official prit la parole et leur dit que cette affaire était de trop grande importance pour la pouvoir juger sur le champ, qu'elle méritait bien qu'avant que de la terminer, il prît les conclusions du promoteur, qui était l'homme du

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