‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 19 sur 412 · V. ci-dessus, p. 8 (livre XIV, ch. v · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. 8 (livre XIV, ch. v

20 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

public, et qu'ainsi il les remettait au samedi suivant, onze heures du matin, pour comparaître au même lieu en l'audience qu'il leur donnerait. Et sur ce que M. Amyot insista que cependant il leur fût fait défense de faire aucune fonction dans sa paroisse, M. l'official repartit que c'était aller trop vite, et qu'il suffisait qu'il laissât les choses au même état où elles étaient, sans toucher aux défenses que ce curé avait faites lui-même à ces messieurs.

M. Amyot, étant sorti tout en colère, sans ôter son chapeau et sans dire adieu à personne, s'en alla du même pas porter sa plainte à M'»^ ig, marquise de Senecey ' de ce que M. l'official, nonobstant la recommandation delà reine, était fauteur et protecteur d'hérétiques. Cette dame, qui n'avait pas moins de zèle que lui contre les disciples de saint Augustin, le présenta à la reine, et Sa Majesté à l'instant même commanda à M. Le Tellier d'expédier toutes choses pour chasser ces prêtres et pour réduire M. l'official à faire son devoir. Mais M. Le Tellier étant allé voir M, le cardinal Mazarin, son Éminence lui dit qu'il n'était nullement à propos d'aller si vite, puisqu'il était assuré que M. l'official condamnerait ces docteurs de Saint-Merry sans qu'il fût besoin de les reléguer par des lettres de cachet.

Le vendredi, M. Le Tellier et MM. les évêques d'Agde, de Périgueux et de Coutances allèrent chez M. l'official pour se plaindre à lui de la part de la reine de la protection qu'il donnait à ces prêtres de Sàint-Merry, et pour l'exhorter au nom de Sa Majesté de terminer cette affaire par leur condamnation. M. l'official était trop engagé à la cour pour faire la moindre résistance ; il donna promptement parole . d'exécuter en tout cela ce qu'on désirait de lui. Et lorsque M. le président de Novion et les paroissiens les plus considérables le sollicitèrent pour ces prêtres, dont la doctrine, la piété et la bonne conduite leur étaient connues, il répondit nettement à M. et M'we ^q Novion que la cour étant résolue de les faire condamner, il n'était pas en son pouvoir de s'en abstenir. Il dit même à quelques autres qui lui faisaient la même sollicitation qu'il regardait M, Duhamel

1. Marie Catherine de La Rochefoucauld, marquise de Senecey (1S88- 1677) dame d'honneur d'Anne d'Autriche et gouvernante de Louis XIV, se montra toujours l'adversaire passionnée de P. R.

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