‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 183 sur 412 · V. tome 11, livre Xlli, cb. xxvii, p · texte numérisé non relu

V. tome 11, livre Xlli, cb. xxvii, p

276 MÉMOIRES DE GODEFROl UERMANT

servait de rien pour la doctrine dont il s'agissait : Nihil ad doctrinam. Que c'était hérésie de résister au pape, comme faisaient ceux qu'il appelait jansénistes; que pour la question de fait même, savoir si les cinq propositions sont de Jansénius, le pape avait décidé entièrement, auditis partions, et examinata doctrina de facto reperla in Jansenio; que l'on ne pouvait pas tirer de grands avantages des Lettres au Provincial pour s'en prévaloir dans les controverses dont il s'agissait, puisqu'après tout, quand l'auteur de ces Lettres aurait poussé les Jésuites tant qu'il lui aurait plu sur la morale, il demeurerait toujours constant que du côté des prétendus jansénistes on ne pouvait compter qu'un très petit nombre de personnes, et presque rien, et que d'ailleurs ils défendaient une très mauvaise cause, une cause impie causam inipiam; au lieu que leurs adversaires s'étaient déclarés pour défendre une cause sainte : causam piam ; que les jansénistes étaient des opiniâtres : sunt pertinaces , ôishiiil en propres termes, et qu'il ne fallait pas les traiter avec douceur^ mais avec rigueur; et sur ce que M. Brunetti lui représentait que lui, M. le nonce, en parlerait autrement s'il les eût connus pour tels qu'ils étaient, Mg^ Piccolomini lui répondit que lui-même n'était pas bien informé d'eux, et qu'il devait s'en garder : « Quelle témérité, disait-il, d'aller contre le pape, les évêques, la Sorbonne, le Parlement, les bons ecclésiastiques! u 11 ajoutait que les jansésistes étaient pires que les calvinistes, et qu'ils faisaient une secte comme Calvin en avait fait une de son temps; mais qu'elle était pire que celle de ce fameux hérésiarque. M, Brunetti, que le pape honorait de sa confidence, ainsi que nous avons vu ci-dessus, ne fut pas peu mortifié de voir une si grande préoccupation en la personne de son nonce; mais quoiqu'il prévît les maux que l'on devait attendre inévitablement de cet otficier du Saint-Siège dans la suite de son ministère, il ne laissa pas néanmoins de lui donner un écrit latin intitulé : Disquisitio, etc., qui n'était pas encore public et dont nous parlerons dans la suite. Mais c'était perdre sa peine, et ce prélat italien était engagé trop avant pour en pouvoir revenir.

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