‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 186 sur 412 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

pères; mais quand vous nous traiterez comme des esclaves, nous dirons que vous êtes des maîtres durs et fâcheux. » M. Fortin dit aussi à ce gentilhomme que dans la suite M. de Limoges le tira à part, et lui avoua avec douleur que c'était une pitié étrange que toute leur assemblée, et que s'il se trouvait quelques prélats en petit nombre qui disposassent quelque chose dans les règles, il en survenait d'autres qui gâtaient tout.

Le procès verbal a supprimé le mardi 30 de janvier toute cette affaire des curés dans l'Assemblée, et s'est contenté de dire, que : « Messieurs les évéques de dehors s'étant rendus dans la salle ordinaire de l'Assemblée, Messeigneurs les commissaires nommés pour l'examen des livres de l'anonyme et du Père Bagot s'étant mis au bureau, ils avaient fait un récit sommaire de tout ce qu'ils avaient rapporté dans les séances précédentes au sujet de ces livres, ensuite de quoi ayant proposé leur avis, l'Assemblée avait commencé à délibérer par provinces, mais que n'ayant pu achever la délibération commencée parce qu'il était trop tard, on avait remis au jeudi suivant, au matin, la conclusion de cette affaire.

Ce procédé de l'Assemblée causa un grand sujet de chagrin aux curés, qui se plaignaient hautement de ce que ceux de qui ils croyaient pouvoir attendre toute sorte de protection employaient toute leur autorité pour laisser dans l'impunité les plus grands excès des ennemis de la hiérarchie. Aussi ne parlaient-ils de rien moins que d'en appeler comme d'abus. L'abbé Ollier, curé de Saint-Sulpice, était celui qui s'en plaignait le plus hautement, ce qui paraissait un mystère; mais tout ce bruit ne produisit rien dans la suite.

M. Singlin ayant su en ce temps-là que la chose allait [à] flétrir l'anonyme et à dresser seulement des articles sur la matière dont le Père Bagot avait traité, sans marquer aucune de ses propositions par le détail, dit fort judicieusement que c'était une chose étrange et digne d'être remarquée, que dans ce livre si mauvais du Père Bagot, que les évêques avaient examiné depuis si longtemps, ils n'y trouvassent pas les mauvaises propositions qui y étaient notablement, et n'en voulussent pas nommer l'auteur, et que dans le livre de M. d'Ypres, qu'ils n'avaient point examiné, ils n'eussent nulle peine à y trouver des propositions à con-

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damner, et ne balançassent point à en nommer l'auleur, quoiqu'il fût évêque et du nombre de leurs confrères*.

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