LIVRE XVI
publier dans le chœur de la cathédrale et afficher la constitution du pape Innocent X, traduite en français, avec un mandement contenant des défenses qui ne pouvaient être faites que par lui. Que le mandement ayant été déclaré nul par une ordonnance émanée de lui, le chapitre a écrit au pape avec beaucoup de suppositions et d'impostures, l'a traité dans sa lettre de termes injurieux; qu'il a tâché de se faire déclarer ordinaire par la congrégation des cardinaux, ce qui est contre les libertés de l'Église gallicane, les lois et ordres du royaume. Qu'il a fait afficher un placard scandaleux et diffamant sa conduite, et l'a fait distribuer en plusieurs endroits du royaume; que ce placard se lit encore aux portes de l'église cathédrale; que le mandement du chapitre et le placard affiché sous leur nom l'ayant obligé à faire deux ordonnances, ils ont relevé l'appel qu'ils en ont interjeté à Rome, au lieu de le poursuivre en la cour métropolitaine de Reims.
« 3. De ce que la nécessité l'ayant obligé de réunir la paroisse de Saint Gilles, qui est en la ville de Beauvais, à deux autres paroisses, sa sentence de réunion ayant été exécutée pendant deux ans, le chapitre a suscité un de ses chapelains de se faire pourvoir de la cure supprimée, ce qui a fait révolter les paroissiens, les a fomentés dans leur rébellion, ayant envoyé la musique de l'église cathédrale faire l'office le jour de la fête du patron, y ayant été en corps faire une procession qui n'avait jamais été faite. Et étant intervenu en cause lorsqu'elle a été plaidée au Parlement, sur l'appel comme d'abus interjeté par ce prétendu curé et ses paroissiens révoltés; il est vrai qu'il y a un arrêt qui confirme la réunion, et qui a été rendu sans avoir égard à l'intervention du chapitre; mais cette intervention est une marque que le chapitre contredit M. de Beauvais dans ses fonctions en toutes rencontres, sans sujet et sans intérêt.
4. De ce qu'il a fait prêcher M. Michel Godefroy, chanoine de la dite église, le jour de la fête de saint Juste 1656, quoique le dit évêque eût fait dire et depuis signifier au dit chapitre que le dit Godefroy n'avait ni mission ni approbation de lui pour prêcher dans son diocèse, et qu'il eût obtenu un arrêt qui faisait défense au dit Godefroy de prêcher, et au chapitre de le faire prêcher. Pour ce sujet il y a procès au
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Parlement, auquel procès le chapitre prétend avoir droit de choisir tel prédicateur que bon lui semble, sans qu'il soit approuvé de l'évêque.
5. De ce que le chapitre est intervenu par devant les officiaux de Reims en une cause criminelle poursuivie à la requête du promoteur de Tofficialité de Beauvais contre M. Nicolas de Saint Simon, chanoine en l'église cathédrale, pour raison de l'abus, simonie et usure par lui commises dans l'administration du sacrement de pénitence à Tégard d'un diocésain qui s'était présenté à lui pour être ouï de confession, comme confesseur approuvé de l'évêque ; et a le dit chapitre demandé que le dit de Saint Simon fût renvoyé par devant ses juges délégués pour lui faire son procès.
6. De ce que le chapitre a entrepris en l'année 1656 de faire un statut pour obliger tous ceux de l'église cathédrale présents et à venir de souscrire à la bulle du pape Innocent X touchant les cinq propositions, et à son bref du 29 septembre 1654, sans lui avoir communiqué de ce statut et sans lui avoir demandé son consentement pour le faire.
7. De ce que le chapitre change tous les jours l'ancien ordre gardé dans l'église cathédrale sans lui en avoir communiqué.
8. De ce qu'il fait les prières publiques pour la nécessité du temps sans en conférer avec lui, quoique cela soit réglé par une sentence des requêtes du Palais rendue en 1856.
9. De ce que nouvellement, au temps du dernier jubilé, le chapitre a chanté un salut sans lui en avoir communiqué, ayant même entrepris de faire attacher auprès du tablet', dans le chœur, que ce salut se disait: ex parte capituli.
10. De ce que le doyen entreprit au jour de l'Assomption dernière 1656 de marcher à la procession générale à la queue de la procession, immédiatement devant lui, ce qui
.ne s'était jamais fait, devant marcher à la tête du clergé parce qu'il était revêtu de chape; qu'ensuite la procession étant de retour à l'église, il se mit en sa place de doyen, quoiqu'il eût sa chape, ce qui l'obligeait de se mettre en la place destinée à celui qui officie ; et qu'outre ce, il dit les oraisons sur le livre qu'un enfant de chœur apporta, étant en sa place, au lieu de les aller dire à l'aigle ou au candé-
\. Sic ; ce mot ne se trouve ni dans Richelet, ni dans Littré; il servait sans doute à désigner un tableau pour les annonces.