‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 248 sur 412 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

chargé de voir; que M. le cardinal Mazaria lui avait parlé de M. Arnauld comme du premier homme du royaume ; mais qu'il était opiniâtre ; et que, dans le fond, il lui avait témoigné vouloir bien accommoder cette affaire.

On ne laissait pas cependant du côté de la cour de faire de pressantes sollicitations vers le Parlement pour faire recevoir la déclaration, et selon toutes les apparences cette négociation était un piège, si ce n'est que le cardinal Mazarin balançait encore entre le zèle de la reine-mère et ses propres inclinations. Néanmoins M. de Bagnols, étant allé le 4 mai chez M. de Rouen, sur les huit heures du matin, apprit de lui que M. l'archevêque de Toulouse auquel il avait parlé pour [le] charger de l'avertir de l'heure que Son Éminence aurait prise, et que depuis ce temps là, il lui avait envoyé un billet pour lui dire que ce serait à onze heures *. Cela obligea M. de Bagnols de faire avertir M. de Sens, qui était à l'Assemblée, et de le prier de savoir de M. de Toulouse s'il était en disposition d'accommoder. M. de Sens vint lui-même lui en apporter la réponse sur le midi, en lui témoignant que M. de Toulouse était tout à fait bien intentionné pour l'accommodement dont il s'agissait.

Ce jour là même, Messieurs de Port-Royal avaient dressé un nouveau mémoire qui fut mis entre les mains de M. l'archevêque de Rouen*.

Mais quelque fortes .que fussent toutes les raisons qu'on alléguait, elles ne firent aucun effet pour la négociation de la cour. Car M. l'archevêque de Rouen rapporta qu'ayant été deux heures entières en conférence avec M. le cardinal Mazarin et M. de Toulouse, Son Eminence avait témoigné plus de fermeté que par le passé, et plus d'opposition au projet d'accommodement; et que M. de Toulouse en avait parlé cruellement, traitant de chimère la distinction du

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