CHAPITRE H
Suite de la négociation de M. de Bagnols. Il porte à M. de Rouen un mémoire de Port-Royal.
Le mercredi 2 mai, M. de Bagnols, continuant la négociation, envoya M. Thaumas sur les dix heures du matin chez t. Ms. son sens.
M. l'archevêque de Rouen, pour lui rendre un billet par lequel il lui mandait que pour marque de la fidélité de ses amis et de la résolution qu'ils avaient prise de lui garder la parole qu'ils lui avaient donnée, il lui envoyait un écrit de la nullité de la bulle, auquel ces messieurs n'avaient point de part, et qui s'était trouvé chez un imprimeur. Qu'encore que cette pièce ne fût pas dans la dernière exactitude, néanmoins un coup de pinceau était capable de la rendre de mise; mais qu'il prenait la liberté de lui représenter que pendant que ces messieurs de Port-Royal, qui avaient tant d'intérêt à se défendre, gardaient un profond silence, M. de Toulouse ne laissait pas de distribuer de tous côtés sa lettre circulaire à laquelle l'Assemblée n'avait eu aucune part; qu'on était obligé de le supplier instamment de hâter cette négociation, ou de leur donner la liberté de se défendre; et que cependant on le priait de rendre les trois formulaires dont il avait tiré copie de sa propre main, et de les remettre dans celles de la personne qui les lui avait apportés.
M. de Rouen répondit à M. Thaumas que dès le jour précédent il avait envoyé un gentilhomme chez M. l'abbé Palluau, maître de chambre de M. le cardinal Mazarin, pour apprendre le jour et l'heure que son Éminence pourrait lui donner audience et que, dans le moment qu'il lui parlait, ce gentilhomme, envoyé une seconde fois de sa part, y était encore pour en avoir la réponse, qu'il dirait au même M. Thaumas s'il voulait revenir chez lui après. midi.
Mais M. Thaumas ayant fait ce qu'il désirait de lui, et s'étant rendu en son hôtel à une heure, après trois heures d'entretien qu'il eut avec cet archevêque en attendant le retour du gentilhomme, tout ce qu'il apprit fut que l'audience était remise au lendemain matin, et M. de Rouen lui demanda encore ce temps là pour lui rendre les trois formules qu'on lui avait confiées.
Le lendemain 3 mai, M. l'archevêque de Rouen, étant venu voir M. deBagnols sur les deux heures, lui dit que M. le cardinal Mazarin, qu'il avait vu, lui avait témoigné vouloir bien accommoder cette affaire ; qu'il lui avait laissé la copie des formules, dont il rendait les originaux, et qu'ils étaient convenus. Son Eminence et lui, de traiter de tout cela avec M. l'archevêque de Toulouse que, lui M. de Rouen, s'était