‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 256 sur 412 · LIVRE XVlt · texte numérisé non relu

LIVRE XVlt

qu'il croyait que Sa Majesté prenait ce temps pour donner lieu à la séparation de l'Assemblée de messieurs du clergé qui poursuivaient fort pour faire passer leur déclaration. M. Du Tronchay lui dit que cette parole n'étant que pour six ou sept jours, ils ne manqueraient pas d'en parler quand ce terme serait expiré; et qu'ils ne se tiendraient en repos qu'autant de temps qu'on leur garderait cette parole de ne rien faire, et non davantage. Ils se retirèrent là dessus avec résolution de s'assembler encore le lundi suivant sur cette affaire.

Ceux qui connaissaient le génie du cardinal Mazarin ne s'étonnaient pas beaucoup de voir un si prompt retardement dans une affaire que la cour, les Jésuites et les évêques avaient poussée avec une grande chaleur. Ils savaient ce que la crainte pouvait sur l'esprit de ce ministre, et comme on lui avait donné avis que cette affaire étant toute ecclésiastique, on y pourrait bien mêler M. le cardinal de Retz, il n'en fallait pas davantage pour l'arrêter tout court.

Cependant M. le nonce ressentait une peine extrême de voir l'autorité du Saint Siège comme en compromis entre les mains du Parlement de Paris, qui n'avait toujours que des pensées affreuses du tribunal de l'Inquisilion, et qui ne s'était jamais endormi lorsqu'on avait tâché de l'établir dans ce royaume. La crainte d'un mauvais succès, et que les deux constitutions ne fussent déshonorées par Texamen d'une compagnie pleine de formalité, l'obligea de prier M. le chancelier, le 10 de ce mois, de les retirer du tribunal de cette cour. Mais ce chef de la justice du royaume, qui prenait part à cette affaire par son aversion personnelle contre les disciples de saint Augustin, lui répondit qu'il saurait bien les faire valoir sans la participation du Parlement.

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