‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 257 sur 412 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Divers entretiens de M. Brunetti, gentilhomme siennois, avec M. le nonce du pape sur le sujet de la nouvelle constitntiou et des disciples de saint Augustin.

Nous avons rapporté dans les événements du mois de février l'habitude étroite que M. Brunetti, gentilhomme

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siennois, avait depuis longtemps avec M. le nonce Piccolomini, et les bons offices qu'il tâchait en toutes rencontres de rendre aux disciples de saint Augustin pour les tirer de l'oppression dont ils étaient menacés, et qu'il connaissait ne leur pouvoir arriver sans une injustice manifeste, parce qu'il était fort persuadé de la pureté de leur foi. Il l'allait voir presque tous les jours en ce temps là, l'accompagnait aux audiences et aux visites, et dînait souvent avec lui parce que ce prélat l'y retenait, quoiqu'il lui fît souvent des reproches d'être trop affectionné à ceux qu'il appelait jansénistes, et trop attaché à leur parti.

Ces avertissements, qu'il lui donna particulièrement le 18 février^ quoiqu'avec les termes d'une entière civilité, obligèrent M. Brunetti de lui représenter les raisons qui le portaient à lui parler quelquefois de ces questions, et il a fait lui-même une ample relation des longs entretiens qu'il avait eus avec lui sur ce sujet depuis le 16 février jusqu'au 15 mai. On l'a écrite de sa main en français et en italien, et c'est de l'original même qu'on l'a tirée pour l'insérer en cet endroit.

Il lui dit donc qu'il était plus informé que personne des différends quiétaient entre ceux que l'on appelait jansénistes et les molinistes pour plusieurs raisons :

1° Parce qu'il en avait traité à Rome trois mois de suite avec le pape lorsqu'il était cardinal, et l'un des quatre de la congrégation établie sur ces matières;

2° Parce qu'il en avait parlé avec une infinité de personnes, tant ecclésiastiques que séculiers, en ses voyages d'Allemagne, de Flandre, de Hollande, d'Angleterre et de France;

3° Parce qu'il avait connu tous les principaux disciples de saint Augustin, et particulièrement M. Arnauld avec lequel, comme aussi avec tous les autres, il avait toujours conservé et conservait encore alors une bonne correspondance;

4° Parce qu'il avait été plusieurs fois à Port-Hoyal, où il n'avait pas manqué de remarquer tout ce qui était nécessaire pour en avoir une entière connaissance ;

5° Parce qu'il avait fait en l'espace de dix mois de longs discours avec le pape, de qui il avait pu connaître le génie^ et plusieurs autres particularités sur cette affaire;

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