‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 26 sur 412 · Ms. Apparoir · texte numérisé non relu

Ms. Apparoir

vant il leur eût apparu du consentement des curés; et aux confesseurs séculiers de confesser hors de l'étendue de leurs paroisses sans consentement des curés, avec ordre néanmoins à eux de le donner, tant pour les séculiers que pour les réguliers, lorsqu'ils en seront requis.

Par le 28% il enjoignait aux pères et aux mères, maîtres et maîtresses, d'envoyer leurs enfants, serviteurs et servantes, à la première messe et au catéchisme, et à euxmêmes d'assister à la messe de paroisse, sous les peines portées par les canons.

Ces ordonnances ayant été publiées dans le diocèse d'Angers, les supérieurs des Carmes, Augustins et Jacobins, et les gardiens des Cordeliers et des Récollels, qui croyaient avoir été blessés [à] la prunelle de leurs yeux, s'assemblèrent plusieurs fois par un esprit de conspiration et de cabale. Ils avaient fait composer un libelle contre ces mêmes ordonnances portant le titre de Très humbles remontrances faites par les Religieux à un grand Prélat de France, touchant certains articles de ses ordonnances où ils prétendent être grevés, et ayant pris occasion de visiter M. d'Angers tous ensemble, sous prétexte de l'informer des pouvoirs qu'ils prétendaient avoir de faire les choses qu'il avait si expressément défendues, le prieur des Carmes, nommé le frère Mathias, eut la témérité de lui présenter lui-même leur libelle, se retirant aussitôt sans entrer en matière avec lui.

La lecture de cet article, qui contenait dix pages, lui fit reconnaître qu'il y avait plusieurs propositions fausses,, téméraires, scandaleuses, induisantes à schisme et à hérésie, contre le respect dû au saint siège, aux conciles généraux, nationaux et provinciaux, spécialement au saint concile de Trente, et entièrement contraires aux règlements faits par le clergé en plusieurs assemblées, touchant les réguliers.

Il pouvait à l'heure même, par son autorité épiscopale, censurer un ouvrage si pernicieux. Mais afin de leur donner moyen de reconnaître leur faute, il eut assez de modération pour les faire avertir en particulier, avant que d'en venir aux effets de juridiction contre eux Cependant, au lieu de rentrer en eux-mêmes, ils prêchèrent en plusieurs endroits contre ces mêmes ordonnances, et osèrent même publier que les fidèles n'avaient aucune obligation d'assister aux messes

Page 1