‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 263 sur 412 · Ms. les voyant entièrement consternées · texte numérisé non relu

Ms. les voyant entièrement consternées

412 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

la fleur de ses années; néanmoins la nature afFaiblie parles austérités de la pénitence lui manqua tout à coup à l'âge de quarante ans. 11 y en avait environ dix qu'il était entré dans un grand mépris des choses du monde, et Dieu s'était servi de l'occasion d'un démêlé qu'il avait eu au conseil, avec M. le chancelier en qualité de maître des requêtes, et dans lequel il s'était soutenu avec beaucoup de lumière et de vigueur, pour le faire penser sérieusement à son salut, sans établir sa confiance sur les grands biens que son père, l'un des plus riches et des plus considérables de Lyon, était sur le point de lui laisser. La perte de madame son épouse, qui arriva dans ce temps-là, contribua aussi beaucoup au désir qu'il avait conçu d'abandonner le monde tout à fait, pour ne s'occuper que des pensées de l'éternité et de l'éducation chrétienne de ses enfants. Les gens du monde, qui savaient qu'il était capable de toutes les grandes charges de la robe, et qu'il avait assez de biens pour s'y élever et s'y maintenir, expliquèrent sa retraite avec leur malignité ordinaire, et l'on dit à la cour que n'ayant pu réussir dans ses desseins par les voies communes, il avait pris un autre chemin pour parvenir aux grands emplois en se mettant à la tête des jansénistes. Mais Dieu qui connaissait la sincérité de son cœur lui inspira un généreux mépris de ce jugement si injuste et si téméraire que l'on faisait de sa conduite, et lui fit la grâce de persévérer jusqu'à la fin dans les exercices d'une solide piété et d'un zèle ardent pour la vérité et pour la justice, aussi bien que pour les délices innocentes de la solitude chrétienne qui l'arrêtait le plus souvent à Saint Jean des Trous, auprès de Chevreuse^ où il avait fait bâtir tout de nouveau l'église paroissiale qui fut dédiée vers ce temps là par M. l'évêque d'Aulonne.

Étant tombé malade à Paris chez M. de Bernières, son ami, qui avait aussi quitté une charge de maître des requêtes pour s'appliquer uniquement aux emplois de charité, il reçut le saint viatique et le sacrement de Textrême-onction des mains du vicaire de la paroisse de Saint André des Arts, et donna en cette occasion des marques d'une foi vive, d'une espérance ferme et inébranlable, et d'une charité très édifiante.

Celan'empêcha point queM. de Bréda, docteur de Sorbonne et curé de cette paroisse, ne montrât en ce temps là au même

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