M. de Marca, archevêque de Toulouse (note du ms
Etonné de trouver ce grand fonds de courage Joint au savoir égal, Marca demeure pris ; Mais voyant que Gondrin l'abat par [son ouvrage] Il se flatte d'honneur, accablé de mépris.
Ta scène s'ouvre ici, toi' qui trois fois évêque, N'eus jamais de vertu pour mériter ce rang. Tu hâbles insolent en robin de la Mecque, Et ton cœur se fait voir aussi bas que ton sang.
Le cardinal présent, sous une si belle ombre, Tu t'attends à mentir avec impunité.
Des flatteurs, quoique grand en soit ici le nombre, N'attends pas de support à ta témérité,
Chacun sait que cet homme est plus mou que la cire, Plus que le suif gluant d'un sale chandelier; A tout ordre toujours disposé de souscrire, Il ne saurait encore oublier son métier.
Tel qu'on voit l'épervier fondre dessus sa proie. On voit Saint-Nicolas^ fondre dessus Cohon. Cet abbé l'entreprend, le pille, le foudroie, Et pour lui dire tout, lui dit pis que son nom.
C'est bien un autre saint qu'un gras Saint-Aphrodise '; On ne le peut tourner de l'endroit à l'envers. Présents et pensions n'ont point assez de prise; Il ne se casse pas en cristal de Nevers.
Mais Nevers* à propos n'est pas si sourd qu'on pense ; Il a fort bien ouï que son pauvre neveu De sa mitre caduque aura la survivance, S'il donne à son primat l'éternel désaveu.
Je viens à toi, Cési, dont la tendre jeunesse Par malheur s'est passée au pays du Levant'; L'Asie a dans tes mœurs fait couler sa mollesse, Ton inconstance tient de celle du Croissant.
1. Anthyme Denis Cohon, premièrement évêque de Nîmes, puis de Dol en Bretagne, et enfin pour la deuxième fois évêque de Nîmes (note du ms.).